La majorité l'annonce depuis plusieurs conseils, le budget 2026 de Florennes a été difficile à boucler. Il affiche finalement un faible boni, tout en conservant un volume d'emploi inchangé. Mission réussie donc pour Antonin Collinet et son équipe.
L'ordre du jour du conseil communal de Florennes était vaste hier soir. Au programme, entre autres, le budget, celui du CPAS, le programme stratégique communal transversal (PST) et l'organigramme. Des présentations d'importance dans un contexte budgétaire qu'on sait défavorable aux communes. A cela s'ajoutent les nombreux investissements consentis par les autorités communales ces dernières années. Le Parc des Ducs ou l'Espace Culture récemment inaugurés, en sont des exemples. Et ont fait augmenter la charge de dette de la commune de 500 000€. L'heure n'est donc plus aux grands projets, mais à la prudence. Comme l'a détaillé le bourgmestre, Antonin Collinet.
C'est un budget de responsabilité, de réalisme. On est forcé de faire preuve de prudence et de cohérence. On vient d'inaugurer de nombreux beaux et grands projets, il reste l'espace tourisme prochainement. Maintenant, il faut qu'on travaille efficacement avec nos ressources, pour conserver une charge de dette raisonnable.
La priorité de la majorité sera l'amélioration du cadre de vie des habitants avec des réfections de voiries et l'embellissement du centre-ville et des villages de l'entité, une attention portée aux salles de villages et à la place de l'ancien Foyer culturel. Mais aussi à la sécurisation des villages en ce qui concerne la mobilité. Ce point a d'ailleurs fait l'objet d'une interpellation lors de ce conseil communal.
Mais même avec des projets raisonnables, la commune a dû se serrer la ceinture pour parvenir à boucler son budget, en économisant 400.000€ par rapport à 2025, dont 94 000€ sur les frais de fonctionnement. Et ce, sans toucher à l'emploi. La mission que s'était fixé le bourgmestre :
Le politique et l'administration ont travaillé en étroite collaboration. On a une réflexion continue sur le fonctionnement des services. On se demande : "comment on fait mieux avec moins?". Ca nous permet aujourd'hui de maintenir le volume de l'emploi pour 2026. Mais même avec des engagements réduits au strict nécessaire, je ne sais pas de quoi demain sera fait.
Autre ambition comblée pour cette année, celle de ne pas toucher à l'impôt sur les personnes physiques (IPP) ou le précompte immobilier (PRI). Une bonne nouvelle donc pour les citoyens pour l'année 2026. Mais les futurs budgets pourraient être bien différents. Il faut dire que le plan Oxygène, le programme d'aide financière de la Wallonie et véritable bulle d'air pour la commune depuis 2022, touche à sa fin. Dès 2027, la commune devra donc rivaliser d'ingéniosité pour boucler son budget. Ce qui risque de passer par l'augmentation de l'IPP et du PRI.
Avec des recettes à l'exercice propre de 17 931 000€ et des dépenses de 17 927 000€, à l'ordinaire, la commune affiche un boni d'environ 3 800€.
Une réforme du chômage dont on ne percevra pas les effets au CPAS ?
S'il souligne les efforts consentis par la commune pour arriver à ce chiffre, le conseiller Ecolo, Justin Debroux n'est pas serein pour autant. Pour lui, certaines dépenses ont été minimisées dans le calcul du budget. La dotation accordée au CPAS, qui n'augmente que de 1500€, par rapport à la dernière modification budgétaire, lui semble trop juste.
Je ne peux que m'inquiéter quand un tout petit boni de 3800€ ressort. Nous avons quasiment des dépenses identiques en 2026 et en 2025, nous n'avons que trop peu augmenté la dotation au CPAS... à quel point cela sera-t-il tenable durant les prochains mois ?
Avec la réforme du chômage, des vagues de bénéficiaires devraient se succéder dans les CPAS wallons. Mais il est impossible aujourd'hui de mesurer le réel impact de cette mesure. Florennes avancerait-elle trop rapidement, sans ces informations ? C'est en tout cas l'avis du groupe AD11, mené par Grégory Chintinne qui suggère, à l'image d'autres communes, de voter le budget du CPAS plus tard. Mais pour la présidente du CPAS, Marie-Christine Pierard, les effets de la réforme ne seront pas forcément perceptibles dès le mois de janvier.
Ce qui nous fait peur, c'est que les gens n'osent pas pousser la porte du CPAS tout de suite, qu'ils vivent sur leurs réserves. Et qu'ils ne viennent nous voir que quand il est vraiment trop tard.
Le bourgmestre, annonce être conscient de la problématique, mais il indique suivre les recommandations du Centre régional d'Aide aux Communes quant à la dotation du CPAS.
On est dans le flou, on ne sait pas comment on va absorber le choc et comment il va arriver. Mais le CRAC nous a demandé de faire comme s'il n'y avait pas de changement pour le CPAS. On a suivi leurs instructions, même si on n'est pas forcément du même avis.
Le conseiller communal Justin Debroux se dit "effaré et effrayé" quant à la "neutralité de la réforme du chômage". Pour lui, l'humain passe au second plan.
Outre envers une population précarisée, je ressens un profond mépris envoyer par les instances régionales et fédérales pour le niveau communal.
Le budget du CPAS a finalement été voté par la majorité, alors que la minorité s'est abstenue.
Un PST et un organigramme pour y voir plus clair
En fin de séance, deux outils ont été présentés par le bourgmestre. Le programme stratégique communal transversal et l'organigramme de la commune.
Le premier permet d'établir la vision politique de la commune pour les années à venir. Il se décline en 4 axes principaux : l'attractivité et le dynamisme, le cadre de vie durable, le vivre-ensemble et les finances et patrimoine. Ces catégories étant elles-mêmes déclinées en objectifs opérationnels. Une seconde lecture sera proposée lors du prochain conseil communal, ce qui permettra à l'opposition de le commenter.
L'organigramme, quant à lui, permet la transparence et le renforcement de la clarté des tâches attribuées à chaque personne au sein de l'administration et des organes politiques communaux. Il sera prochainement disponible sur le site internet de la commune de Florennes.
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