Se glisser dans la peau d'une députée ou d'un député, c'est ce que propose pendant une semaine le Parlement Jeunesse Wallonie-Bruxelles. Travail en commission, séance plénière, vote de décret, cette simulation parlementaire pour les jeunes est immersive.
Coup de jeunes dans l'hémicycle! Des jeunes de 17 à 26 ans ont pris possession du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pendant une semaine. Ils échangent sur divers projets de décret: démocratie participative, fin de vie digne ou encore école pleinement inclusive. Les thématiques sont nombreuses.
Des projets de décret en débat
Ce matin, au centre des discussions, un projet déposé par Camille Chesta. Jeune ministre issu du Parlement Jeunesse Wallonie-Bruxelles:
Je propose un projet de décret qui vise à renforcer les mesures de sécurité intérieure en mettant des notes aux citoyens qui ont des bons comportements et en mettant des restrictions aux citoyens qui ont des mauvaises notes. L'objectif est de permettre un sentiment de sécurité général dans la société.
Dans les décrets, des mesures un peu chocs, reconnaissent les auteurs. Mais cela est fait à dessein. Camille Chesta:
"Oui, il peut y avoir des mesures un petit peu chocs. Mais justement, le but est de créer le débat et de montrer à quoi ressemble la démocratie et que ça peut être un peu musclé parfois aussi".
Une bonne corde à son arc!
Parmi les participants, près de 20 Namurois tentés par cette simulation parlementaire. Une expérience formative à tout point de vue. Elouan Gomez, étudiant en sciences politiques à l'UNamur:
"Je retiens beaucoup de bienveillance, beaucoup de choses apprises également et surtout le fait d'apprendre à écouter les autres, ce qui n'est pas le cas forcément en politique avec la particratie. Ici, c'est apolitique. Évidemment, on a des opinions, mais qui sont apolitiques d'une certaine manière et apartisanes. Et ça nous permet vraiment, entre jeunes, d'avoir des débats sans être bornés dans nos positions qu'on avait avant de venir suivre cette simulation parlementaire".
D'autres y ont vu une manière de prendre confiance en soi. C'est le cas de Rayan El Ourdi Sodor:
"Prendre la parole devant 120 personnes dans un cadre de bienveillance où les gens font des compliments, applaudissent, cela met en confiance. Entendre des gens te dire après ton discours, que ton intervention a été super, c'est chouette. Ça m'a fait sans doute gagner énormément de confiance en moi-même. Grâce au Parlement Jeunesse, j'ai commencé à m'entraîner à l'éloquence d'ailleurs".
Une autre perception de la politique?
Cette semaine passée au parlement a-t-elle changé le regard que portent ces jeunes sur le travail parlementaire? Pour Amandine André, étudiante en journalisme à l'IHECS, la réponse est oui. Trois fois oui:
"Oui, oui, oui. Le travail est colossal en une semaine. On se rend compte que bien évidemment, nous, on n'a absolument pas le temps de travailler tout ce qui doit être travaillé. Mais c'est hyper intéressant. On se rend compte aussi des différents niveaux de travail des députés. Par exemple on travaille en commission où l'on échange énormément. Le travail en plénière est aussi riche car des fois cela nous éclaire sur des points qu'on n'aurait peut être pas pensé ou qu'on n'aurait pas abordés en commission".
Alors, est-ce que cette simulation suscitera des vocations? Elouan Gomez:
"Pour défendre des choses qui me tiennent à cœur, pourquoi pas ? Je ne ferme pas la porte, mais ce n'est pas encore prévu au programme".
Cette simulation a le mérite de coller à la réalité parlementaire. Maintenant, il y a quelques détails qui permettent de faire la différence entre les vrais élus et les faux élus. Aux parlementaires qui lui ont chanté un joyeux anniversaire, une jeune ministre a répondu:
"Le plus beau cadeau que vous pouvez me faire, c'est de voter en faveur de mon décret".
Pas certain d'entendre pareil souhait formulé par un membre du véritable gouvernement.
Sur le même sujet
Recommandations
Le bourgmestre de Jemeppe-sur-Sambre condamné à 24 000 euros d'amende avec sursis
Namur Volley : Débrief d'une belle saison avec le président Hadrien Huvelle
Les jeunes namurois se lancent dans leur service citoyen !
Service citoyen: des jeunes s'engagent dans des projets solidaires