Le budget 2026 du CPAS a été voté au cours du dernier conseil communal. Si il est à l'équilibre cette année, ce sera bien pire dans les prochaines années avec un déficit qui pourrait dépasser les 6,5 millions d'euros dès 2029.
Les budgets des CPAS sont influencés par la réforme du chômage. N'ayant plus de revenus, les exclus du chômage s'orientent en effet vers les CPAS, et ceux-ci doivent alors leur apporter une aide, via le Revenu d'Intégration Sociale, le RIS. La charge financière des CPAS augmente donc fortement, et il faut y ajouter l'engagement de personnel pour prendre en charge tous ces nouveaux dossiers.
La réforme du chômage va plonger le CPAS de Namur dans une situation difficile, voire critique. Le déficit pourrait atteindre les 2 millions d'euros en 2027, puis 4,5 millions d'euros en 2028, et dépasser les 6,5 millions d'euros dès 2029. L'opposition est très inquiète, la majorité espère que le gouvernement fédéral va tenir ses promesses.
On s'y attendait, mais cette fois, on rentre dans le concret ! La réforme du chômage a de lourdes conséquences sur les finances du CPAS. C'est vrai dès cette année 2026, mais ce sera encore plus important à partir de 2027. Avant de voir ces conséquences à long terme, focus tout d'abord sur l'année 2026 avec l'arrivée des exclus du chômage par vague. Les finances du CPAS sont impactées mais le déficit est amorti, par le gouvernement fédéral qui compense en majeure partie ces surplus financiers, mais aussi par la Ville et le fonds de réserve. Les explications de Dorothée Klein (Les Engagés), la présidente du CPAS de Namur:
Le budget est à l'équilibre mais bon, là, je suis honnête, il a fallu que la Ville allonge un peu plus sa dotation avec une augmentation de plus ou moins 700.000 euros. Et puis, on a puisé la totalité du fonds de réserve. Donc, on n'a plus de réserve à partir de l'année prochaine.
Et c'est à partir de 2027 que la situation financière va empirer. Le déficit devrait avoisiner les 2 millions d'euros, et c'est encore pire par la suite puisqu'on annonce un déficit de 4,5 millions d'euros 2028, et de plus de 6,5 millions, chaque année, de 2029 à 2031. Un déficit "abyssal", comme le qualifie le Directeur Général Financier. Pour l'opposition, la situation est plus qu'inquiétante. Les commentaires de Fabian Martin pour le PS puis de Philippe Noël pour Ecolo:
La situation est inquiétante, hallucinante, tout simplement parce que les mesures qui viennent du fédéral ne suivent pas. Clairement, le fédéral se repose ou en tous cas envoie la patate chaude aux communes. On sait que, au final, les communes doivent couvrir le déficit des CPAS qui sont en première ligne, et qui doivent finalement ramasser toutes les mauvaises mesures que le fédéral prend.
Cette mesure, c'est un vrai transfert de charge. Donc, la charge financière qui était assumée par les uns est maintenant compensée par le CPAS qui n'en a pas les moyens, clairement. Et on voit aussi que la Ville n'a pas les moyens de compenser. Je l'ai évoqué dans mon intervention, la trajectoire de la dotation communale ne compense absolument pas, bien au contraire, cette mesure. Et donc, on se demande comment ils vont s'en sortir.
L'opposition socialiste va même jusqu'à évoquer une impasse dans laquelle le CPAS et la Ville vont se retrouver. Pour les socialistes, il n'est pas idiot de penser que, à un moment, le CPAS ne pourra plus assumer toutes ses missions et pourrait, à un moment, aller même jusqu'à vendre ses maisons de repos. Fabian Martin (PS):
On sait qu'à un moment donné ça deviendra intenable et qu'on demandera aux CPAS de revenir finalement à ses missions de base. Aujourd'hui, beaucoup considèrent, au fédéral comme à la Région, que les missions liées à l'accueil des personnes âgées ne sont pas une priorité. Et donc, dès lors, il faudra s'en séparer. On en reparlera dans quelques mois ou dans quelques années.
Pour la présidente du CPAS, il n'est pas du tout question de cela. Selon elle, on n'en arrivera pas là:
Pour 2027 et 2028, il faudra vraiment qu'on aie un recul sur cette réforme du chômage en sachant exactement combien de personnes sont venues. Puisque je vous rappelle que, selon l'accord de l'été, le fédéral a dit que l'enveloppe (ndlr: de compensation) n'est pas figée. Sur la base d'une évaluation du nombre de personnes qui sont vraiment venues pendant les premiers mois, on peut avoir une réévaluation de cette enveloppe de 300 millions (ndlr: pour l'ensemble des CPAS).
Le budget 2026 du CPAS de Namur a été voté majorité contre opposition. Les budgets suivants seront à coup sûr très tendus.
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