À Namur, un nouveau règlement sur l’occupation des places communales est entré en vigueur. S’il vise l’équilibre budgétaire de la Ville, il fragilise certaines associations culturelles gratuites, contraintes de payer ou de revoir leur modèle.
Les fanfares et bals populaires pourraient se faire plus rares sur les places namuroises. En cause : un nouveau règlement de redevance communale, voté en décembre et désormais d’application, qui impose des frais pour l’occupation des places de la corbeille namuroise.
Jusqu’ici gratuite, l’occupation devient payante selon des paliers allant jusqu'à 1 800 euros par jour, en fonction du type de demandeur. Certaines catégories bénéficient toutefois de tarifs réduits.
Parmi les associations concernées, l’ASBL Folknam Musique Trad, qui organise depuis quatre ans des concerts gratuits place Maurice Servais, s’interroge sur la poursuite de ses activités. André Sibille, membre de l’association, explique :
"Et en fait, les gens qui viennent jouer, ce sont tous les musiciens de différents groupes. Ils viennent jouer complètement, bénévolement. Ils se déplacent de partout en Wallonie, on en a l'un ou l'autre qui viennent de Flandre aussi. Il s'agit d'un montant de 420 € pour une organisation qui ne nous rapporte rien mais qui ne coûte rien du tout à la ville non plus."
La Ville de Namur justifie cette mesure par la charge de travail qu’implique chaque demande d’occupation du domaine public. Charlotte Bazelaire, bourgmestre faisant fonction, précise :
"Il faut savoir qu'on a plus ou moins 900 à 1000 demandes d'occupation du domaine public sur une année, que ce soit événementiel, mais aussi pour des travaux de toutes sortes. Et donc chaque demande doit faire l'office d'une analyse auprès de la police, des pompiers, du service matériel, de la mobilité, puisque ça implique parfois des fermetures de voiries. Et donc tout ça génère du temps chez nos agents à la propreté publique, un nettoyage avant, un nettoyage après."
Faute de moyens, Folknam Musique Trad envisage de mettre un terme à ces animations. D’autres acteurs culturels, eux aussi touchés par la redevance, se tournent vers des financements privés. Guy Brunin, secrétaire de l’ASBL Folknam, constate :
"Depuis le changement de majorité qui a fait suite aux élections précédentes, c'est clair que la stratégie des associations culturelles, touristiques ou des associations finalement comme les nôtres, sans avoir pour but de faire du profit, on a été invités dès le départ à revoir leur stratégie financière et à élargir leur base de financement, sachant que les subsides institutionnels allaient très certainement se réduire. C'est quelque chose auquel nous nous étions préparés. Donc, nous avons déjà depuis l'été, monté un dossier de partenariat que nous avons proposé au monde entrepreneurial namurois pour tâcher justement d'élargir notre base de financement et pour faire face à ces nouvelles dépenses. Cette redevence c'est sûr, à un coup pour nous, mais nous allons trouver une solution, le folklore va perdurer."
Tous les événements ne seront toutefois pas logés à la même enseigne. Certains grands rendez-vous, comme le KIKK, conserveront la gratuité d’occupation en vertu de conventions existantes. La bourgmestre f.f. l’assure :
"On a certains partenaires avec lequel on a déjà des conventions et donc on est lié par celles-ci. Sur certaines conventions, des gratuités sont déjà signées, donc forcément, on respecte les conventions qu'on avait avec ces partenaires-là. Dans la majorité des cas, ce qu'on essaye évidemment, c'est d'accompagner et de trouver un juste équilibre entre le payant à 100 % et le gratuit à 100 % pour accompagner, que ce soit dans l'événementiel, mais que ce soit culturel, sportif, touristique ou autre."
Si le règlement n’est pas négociable, la Ville invite néanmoins les petites structures à se rendre à la maison communale afin d’être accompagnées dans la recherche de financements alternatifs.
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