Semaine agitée au niveau social. Les syndicats ont lancé trois journées d'actions nationales contre les mesures prises par l'Arizona. Après les transports en commun hier, ce sont les services publics qui ont rejoint le mouvement aujourd'hui.
Des chauffeurs des TEC bloquent la rampe d'accès à la gare des bus de Namur. Ils sont remontés contre la réforme des pensions de l'Arizona. Bérangère Puiatti, déléguée CGSP:
"Ce qui exaspère le plus dans notre secteur, c'est le fait qu'on va devoir aller très loin avant de partir à la pension. 67 ans! Ce que nous faisons n'est pas un métier facile. Faire ce métier à des âges si tardifs, c'est compliqué. Ce n'est pas spécialement sécuritaire non plus pour les voyageurs qui prendront des bus conduits par des chauffeurs âgé de 67 ans qui doivent parfois se lever à 3h du matin pour prendre leurs services!"
Vent de colère rouge au sommet de la gare. Les mesures du fédéral jettent un brouillard d'incertitudes chez les travailleurs. Pour les cheminots, le Fédéral déraille. Alban Deneufbourg, Secrétaire permanent CGSP Cheminots Namur:
"L'état d'esprit, pour le moment, il est très mauvais parce qu'avec tout ce qui est annoncé, notamment sur les pensions des cheminots, cela interpelle. En plus, on va avoir des pensions moins élevées puisqu'on va calculer le montant de notre pension non plus sur les quatre dernières années mais sur l'ensemble de la carrière. Donc, nous allons clairement y perdre d'autant que les salaires en début de carrière chez nous sont particulièrement bas".
Une flexibilité qui inquiète
Dans le secteur des soins de santé, c'est l'annualisation du temps de travail qui effraie. Nicolas Huppertz, Secrétaire permanent Soins de Santé Namur-Brabant wallon:
"Pour augmenter la flexibilité des travailleurs, ils veulent calculer l'horaire non plus sur base hebdomadaire mais sur base annuelle! Objectif avancé: pouvoir absorber, comme ils disent, des pics d'activité et des creux d'activité ? Comme si cela existait dans le réel! Prenez l'exemple d'une maison de repos, y'a-t-il vraiment des creux ou des pics quand une population de personnes âgées est là toute l'année? Nous, on ne voit pas bien le bénéfice que peut avoir ce genre de mesures".
Les CPAS malmenés par la réforme du chômage
Autre préoccupation: l'impact des exclusions du chômage sur les CPAS. Laurence Clamar, Secrétaire régionale Intersectoriel pour la Fédération Namur-Dinant:
"En l'espèce, on connaît la mesure Arizona qui va mettre fin au droit aux allocations de chômage pour pas mal de personnes. Cela va augmenter la charge de travail des travailleurs sociaux. On vient d'annoncer aussi qu'au 1ᵉʳ janvier, il n'y aura plus de cumul de revenu d'intégration sociale. Ce qui veut dire que ces assistants sociaux vont encore devoir revoir tous leurs dossiers. Ces charges supplémentaires vont peser sur les communes. Des communes qui seront obligées d'aller chercher l'argent chez les citoyens en levant de nouvelles taxes. C'est ce que j'entends dans les communes en tout cas".
Rêver d'un autre monde
Le Fédéral le martèle: "Sans économie, ce sera le mur". Un discours remis en question par des syndicalistes présents ce midi à Jambes. Laurence Clamar:
"C'est une façon de voir les choses. Je pense que vous pouvez aussi consulter d'autres économistes qui vous parleront aussi de la croissance ou de la décroissance. On est peut être arrivé au bout d'un certain système, il faudrait peut être s'ouvrir un peu à autre chose".
Place de Wallonie, 12h30, les manifestants lèvent le camp. Demain, ils se mobiliseront à nouveau lors d'une grève interprofessionnelle.
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