Le collège communal a donné un accord de principe pour participer à l'aménagement d'une aire d'accueil supracommunale. Coût estimé pour Sombreffe : 35 000 euros.
L'accueil des gens du voyage s'organise dans l'entre-Sambre-et-Meuse. Lors du conseil communal du 16 février, le bourgmestre Jonathan Burtaux (MR) a détaillé le projet de partenariat entre Sombreffe, Sambreville et Jemeppe-sur-Sambre pour l'aménagement d'une aire d'accueil commune, en réponse à une question de la conseillère PS Betty Hainaut.
Installations « anarchiques » et nuisances
Le bourgmestre ne cache pas les difficultés auxquelles la commune est confrontée lors de l'arrivée de groupes de gens du voyage : installations imposées sur des terrains privés, raccordements sauvages à l'eau et à l'électricité — avec des risques pour la sécurité, comme l'électrocution d'une personne en 2023 à la limite de Jemeppe et Auvelais —, gestion problématique des déchets et des sanitaires, nuisances pour les riverains. « L'accueil des gens du voyage, ça se gère », résume Jonathan Burtaux, qui rappelle que l'idée du partenariat est née lors de discussions en réunion de zone de police avec son homologue de Sambreville.
Un dispositif en trois volets
Sombreffe dispose déjà d'un cadre local. Un règlement permet d'accueillir une douzaine de caravanes sur le zoning de Plumier, avec accès à l'eau et à l'électricité, moyennant le paiement d'une taxe et un raccordement en bonne et due forme. En octobre dernier, le conseil a par ailleurs adopté une taxe sur l'occupation non conforme du sol, permettant d'engager le dialogue avec les propriétaires privés et, le cas échéant, d'entamer des procédures d'expulsion.
L'aire supracommunale vient compléter ce dispositif. Dimensionnée pour accueillir 20 à 35 caravanes, elle sera aménagée sur le territoire de Sambreville, conformément au décret wallon de 2019, avec accès à l'eau potable, à l'électricité et à des sanitaires. Le coût global est estimé à 230 000 euros, réparti selon la population de chaque commune : Sambreville prend en charge 51 % (environ 117 000 euros), Jemeppe-sur-Sambre 34 % (79 000 euros) et Sombreffe 15 % (35 000 euros). Sambreville a déjà investi plus de 700 000 euros dans le projet.
Point crucial : le coût de fonctionnement serait nul pour les communes partenaires, les redevances perçues auprès des groupes accueillis couvrant les frais courants. L'agent référent chargé de la gestion de l'aire est quant à lui financé par la Région wallonne.
« On n'a pas les reins assez solides seuls »
L'opposition Osons Ensemble soutient la démarche. Valérie Delporte rappelle que Sombreffe est historiquement un lieu de passage pour les gens du voyage, dont beaucoup sont domiciliés sur la commune sans y résider toute l'année. « Plutôt que de nier et de les chasser, c'est bien de mettre des lieux à disposition. On n'a pas les reins assez solides pour gérer cela seuls », estime la conseillère, qui salue l'approche supracommunale.
Philippe Lecomte (Autrement) se montre plus sceptique sur le dimensionnement du projet. « Ils viennent parfois à cent. Ils ne vont jamais accepter de se séparer dans différents endroits. Cela ne suffira pas », prévient-il.
Le bourgmestre en convient : au-delà de 20 à 30 caravanes, la gestion devient très difficile. Mais il insiste sur l'apport du référent local, un rôle qui fait aujourd'hui défaut à Sombreffe et qui permettrait d'assurer l'accueil, le dialogue avec les groupes et la gestion des éventuelles occupations sauvages.
Il ne s'agit pour l'heure que d'un accord de principe du collège. Le conseil communal devra encore valider la convention avec Sambreville et voter le budget correspondant lors d'une prochaine modification budgétaire.
>>> Á lire aussi : Gens du voyages : quels coûts pour les communes après leur départ
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