Le 1e mars, des centaines de milliers d'aidants proches seront exclus du chômage. Le gouvernement fédéral avait annoncé les exonérer de la réforme du chômage. Mais à quelques jours de la date butoir, rien n'est confirmé.
Ils sont près de 100.000 en province de Namur. Ils aident un conjoint, un fils, un parent qui n'est plus autonome. Handicap, accident de la vie, maladie, les aidants proches prennent chaque semaine sur leur temps, notamment de travail, pour aider et accompagner. Mi-février, le gouvernement fédéral les avait rassurés. Ils échappaient bien à la réforme du chômage.
Mais voilà, à quelques jours de la date butoir du 1ᵉʳ mars, le ministre en charge, le MR David Clarinval, n'a toujours rien communiqué. Ni sur les modalités, ni sur le montant des indemnités. Même le maintien du chômage. Rien n'est confirmé.
Non, pour l'instant, on a juste des paroles durant la sortie du kern en disant qu'il va y avoir une exemption pour les aidants proches. Le 5 février, on nous annonçait que les montants allaient être gelés suivant les montants que les proches touchés touchaient. Il n'y avait donc pas de perte d'argent pour eux. Mais dans la dernière information qu'on a pu recevoir, le 13 février dernier, on nous disait que les montants allaient être de 750 €. Donc par exemple, pour une maman solo qui vit avec son enfant en situation de handicap, en fait, c'est une perte de plus de 1 000 € par mois, s'inquiète Maxime Delaite, directeur de l'asbl Aidants Proches Wallonie.
Des infos contradictoires qui passent très mal auprès du secteur.
C'est soit un rétropédalage, soit des paroles qui n'ont pas été tenues ou alors négociées en kern ouen conseil des ministres. En fait, on ne sait pas du tout ce qu'est. Mais pour nous, c'est un rétropédalage et c'est un manque de considération des aidants proches, poursuit Maxime Delaite.
En attendant, les aidants proches ne savent toujours pas quelle sera leur situation ce dimanche matin. Chômeurs, exclus, au CPAS. L'angoisse gagne du terrain.
D'est de l'angoisse, du désespoir, de l'incompréhension par rapport à tout ce qu'ils font au quotidien pour le proche qu'ils aident. Ils sont dans une situation qui est très très compliquée et humainement, c'est vraiment impossible de les tenir comme ça jusqu'à la dernière minute, jusqu'au dernier jour, sanssavoir s'ils vont pouvoir survivre en fait. Parce que 750 € par mois, on ne vit pas avec ça, on survit ! On est déjà en train de leur offrir une petite survie et ils ont aucune information par rapport à ça. C'est complètement inhumain. Tous n'auront pas droit au revenu d'intégration sociale parce que dans une famille, en fait, quand on globalise le montant, parfois certains ne pourront rien toucher. Cest un glissement vers la pauvreté, la précarité et avec des drames humains qui risque d'y avoir à la clé, insiste le directeur de l'asbl Aidants Proches Wallonie.
Ce mercredi, le MR a réagi par la voix de son porte-parole, annonçant "forcer l'agenda pour sécuriser les revenus des aidants proches avant le 1e mars". Le président de la commission Affaires sociales du Parlement fédéral, le député libéral Denis Ducarme, convoque donc une séance exceptionnelle de la commission demain avec l'objectif de voter en urgence un texte amendé (NDLR : la proposition de loi de la députée CD&V Nahima Lanjri) et de le renvoyer directement à la séance plénière du jour même.
Les amendements semblent rassurants pour de nombreux aidants proches :
- augmentation de l'allocation forfaitaire de chômage liée à la dispense pour cohabitant à 745,94 euros (ou 28,69 euros par jour) ;
- adaptation des critères pour reconnaître les aidants proches, afin d’éviter toute zone grise administrative et de sécuriser leurs droits ;
- souplesse temporaire dans les délais d'introduction, soit jusqu'au 31 mars 2026, avec effet rétroactif pour les personnes qui auraient perdu leur droit au chômage en janvier ou en mars.
L'asbl Aidants Proches Wallonie se réjouit évidemment de cette prise d'action en urgence, quelques jours avant la date du 1e mars. Mais une question semble cependant rester en suspens, celle des parents "solo" aidants proches. Ils ne répondent pas à la définition des aidants proches "cohabitants" et ne savent toujours pas si l'allocation de 1.750 euros qu'ils perçoivent actuellement sera maintenue ou abaissée à celle des cohabitants (soit 750 euros).
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