Le 8 mars prochain, journée internationale des droits des femmes, une grève des femmes est prévue à Namur, devant le nouveau palais de justice. Pour s’y préparer, un atelier de création de pancartes était organisé ce mardi à la Maison Arc-en-Ciel.
Peintures, slogans et discussions sont au rendez-vous en cette fin d’après-midi à la Maison Arc-en-Ciel de Namur. L'atelier était organisé par le Collectif 8 mars. Marie-Astrid Lissoir, membre active du collectif, explique :
L’atelier à la Maison Arc-en-Ciel fait partie des autres ateliers que nous organisons en préparation de la journée du 8 mars, et de la grève féministe. C’est un moment phare pour la communauté féministe de Namur et du monde entier car, comme on le sait, quand les femmes s’arrêtent, le monde s’arrête. Nous voulons manifester nos mécontentements et porter nos revendications pour un monde meilleur, plus juste, plus égalitaire et plus solidaire.
Peinture, marqueurs, paillettes : tout est prévu par les organisateurs. Autour des tables, les discussions font émerger les idées. La pancarte devient à la fois un message personnel et un outil collectif, comme le décrit Laurent Wilmet, membre actif du Collectif 8 mars et animatrice AFICo :
C’est un moment à la fois individuel, puisqu’on va créer ses slogans et porter la parole qu’on a envie de défendre. Mais on va aussi échanger avec d’autres, croiser ces paroles et, peut-être, faire évoluer notre manière d’envisager les choses. Il y a donc toute une logique d’éducation permanente derrière.
Le Collectif 8 mars veut dénoncer une violence sociale envers les femmes, particulièrement touchées par certaines mesures du gouvernement fédéral : statut de cohabitant, pensions, situation des malades de longue durée, mères célibataires ou aidantes proches. Il sera aussi question des violences et des inégalités dont elles sont victimes. En toile de fond, une inquiétude face à la montée des extrêmes et au recul de certains droits.
Cet atelier est donc un moment convivial, où naissent des slogans, dont certains font même sourire, comme celui de Margaux Bergen :
J’en ai fait une un petit peu marrante : “Ma chatte, mes choix”, avec un petit chat dessiné dessus. C’est tout simplement par rapport au fait de pouvoir décider de ce qu’on fait de notre propre corps en tant que femme, et par rapport à tout ce qui touche au débat sur l’avortement.
Raissa Djoussi, une autre participante, ajoute :
J’ai eu la brillante idée, avec l’aide de mes amis, de faire deux pancartes. La première : “Pas d’égalité sans inclusion” ; et la seconde : “Être soi n’est pas un débat mais un droit.”
Et la force d’une pancarte en manifestation est qu’elle permet parfois de dire sans crier. Laurent Wilmet explique :
Le fait est qu’on peut visibiliser des paroles qui sont parfois tues. En manifestation, on a tendance à crier des slogans, mais la pancarte permet aussi de donner à voir une parole qui ne serait peut-être pas dite.
Entre messages graves et slogans plus rigolos, ces créations quitteront les tables de l’atelier pour rejoindre la rue le 8 mars prochain. Toutes et tous espèrent se faire entendre et rappeler que les droits des femmes restent un combat d’actualité.
Clara Ligot
Sur le même sujet
Recommandations
Namur : les syndicats mobilisés contre les réformes du gouvernement Arizona
Namur : l'occupation des places publiques de la corbeille est dorénavant payante
Les chauffeurs TEC manifestent à Namur contre la suppression de leurs acquis sociaux
Gare de Mariembourg : une passerelle provisoire, jugée inaccessible, suscite la colère des usagers
Grève des bus : forte mobilisation à Namur, usagers dans l’expectative
L'expresso de ce vendredi: détour par Namur, Florennes et Mettet pour parler manifestations, défense, patrimoine et citoyenneté
Manifestation à Namur après la mort d’Adama Conde
Des Namurois dans les rue de Bruxelles pour dénoncer les coupes budgétaires du secteur non-marchand
Couvin - Les acteurs jeunesse et culture se mobilisent contre les réformes : “Il est encore temps de se faire entendre”
Des professeurs de l'IND en grève, une première !