Des syndicalistes de Bpost ont manifesté leur mécontentement à l'entrée d'une réunion de responsables locaux à Namur. Ils protestent contre le plan de transformation de l'entreprise. Un plan qui prévoit davantage de flexibilité.
Pas vraiment une haie d'honneur pour des responsables de bureaux de poste. Ce midi, ils avaient une réunion au Casino de Namur fixée de longue date. Son maintien n'est pas accepté par une quarantaine de syndicalistes présents. Olivier Simon, délégué CGSP:
"Je trouve ça malheureux ce genre de réunion. Après presque 20 jours de grève, après des mois de négociations où on essaye d'inverser les choses, ici, on présente le plan de transformation à toute la ligne opérationnelle. Voilà ce qui va se passer. Donc pour eux, le plan, rien n'a changé alors que les discussions sont dans le vide. C'est totalement scandaleux de leur part".
Une flexibilité outrancière selon les syndicats
Au centre du courroux des syndicats, un plan de transformation de l'entreprise. Un mot suscite la critique quand le personnel évoque ce plan. Ce mot, c'est flexibilité. Katty Paché, déléguée permanente CSC Transcom Namur-Luxembourg:
"On parle de flexibilité, donc en fait, on nous dit une semaine à l'avance vous allez savoir quel horaire vous pourrez faire la semaine prochaine en fonction du volume annoncé. Au jour d'aujourd'hui, il faut savoir que les agents qui sont alignés les samedis, on les prévient et on les aligne en fonction du volume prévu le jeudi. Et déjà là, il y a des couacs. Donc comment pourront-ils dans le futur nous dire une semaine à l'avance quel sera notre horaire en fonction des volumes ? Quand ils ne peuvent pas, déjà au bout de trois jours, savoir qu'est-ce que les citoyens par exemple commandent en temps et en heure?"
Une transformation oui mais pas à n'importe quel prix
Du côté de la direction qui ne communique pas pour l'instant, on présente ce plan comme une absolue nécessité, avec la diminution structurelle du courrier et la forte croissance des colis, et ce dans un contexte concurrentiel. Grégory Vandermissen, délégué CSC Transcom:
"On voit l'érosion du courrier qui s'accélère très vite, la croissance des colis qui n'est pas non plus espéré. Or, la concurrence est féroce. Le marché a été libéralisé en 2013 par l'Europe et donc oui, il y réellement une nécessité. Mais les travailleurs, ce n'est pas ça qu'ils demandent. Ils demandent d'être considérés à leur juste valeur, de travailler avec dignité et de pouvoir éventuellement concilier vie privée et vie professionnelle. Ça peut paraître banal, mais c'est une réalité. C'est un questionnement de la part des travailleurs".
Signalons qu'aujourd'hui, Chris Peeters, le CEO de Bnode, l'entreprise qui chapeaute Bpost a bel et bien rencontré des syndicats pour tenter de sortir de ce conflit social qui touche surtout la Wallonie. Mais autour de la table, la CSC et la CGSP n'étaient pas présentes. Ces syndicats reprochent à Chris Peeters de sortir du bois uniquement maintenant. CSC et CGSP veulent d'abord rencontrer les conciliateurs sociaux désignés hier par le fédéral.
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