Le Gouvernement wallon a validé ce mercredi une réforme majeure du paysage de l'emploi en Wallonie : la création de 43 « Points de contact uniques » (PCU) destinés à centraliser l'ensemble des services aux chercheurs d'emploi en un seul lieu.
Pour la province de Namur, trois communes de notre zone ont été retenues : Namur, Andenne et Sambreville. Une bonne nouvelle pour les demandeurs d'emploi de ces entités, mais qui signe la disparition progressive de dizaines de structures actuellement actives sur le territoire.
Un guichet unique pour remplacer un paysage fragmenté
L'initiative est portée par Pierre-Yves Jeholet, ministre wallon de l'Emploi. L'idée est simple : regrouper dans 43 sites à travers la Wallonie ce qui est aujourd'hui éparpillé dans 311 structures distinctes — 242 Agences Locales pour l'Emploi (ALE), 56 Maisons de l'Emploi, 4 Relais de l'Emploi et 9 bureaux de proximité. Le personnel du Forem actuellement détaché dans ces structures sera redéployé dans les nouveaux PCU, opérationnels au plus tard le 1er janvier 2027.
Dans chaque Point de contact unique, les chercheurs d'emploi — en priorité ceux à employabilité faible ou très faible — pourront accéder en un même endroit à l'inscription, à l'information, à l'accompagnement individualisé, aux ateliers collectifs et aux opportunités d'emploi. Un dossier unique, géré par le Forem et alimenté par l'ensemble des intervenants, assurera la continuité du suivi.
Ce qui disparaît en province de Namur
La médaille a son revers. Pour la province de Namur, la réforme signifie la fermeture ou la réorientation de nombreuses structures de proximité qui maillent actuellement le territoire. Les ALE communales — il en existe une par commune — seront supprimées. Parmi les entités actives concernées figurent notamment les ALE de Namur, Andenne, Gembloux, Dinant, Ciney ou encore Fosses-la-Ville.
Le gouvernement wallon assure qu'il n'y aura aucune perte de personnel et que les services essentiels comme les garderies scolaires, actuellement assurées via le mécanisme ALE, seront maintenus par des mesures transitoires.
Les ALE remplacées par un nouveau dispositif de « prestations à heures limitées »
Les ALE ne disparaissent pas sans laisser de successeur. Elles sont remplacées par un nouveau mécanisme, piloté directement par le Forem et intégré dans le parcours du chercheur d'emploi. Concrètement, il s'agit toujours de permettre à des demandeurs d'emploi d'effectuer des petits travaux pour des particuliers, des communes ou des ASBL — jardinage, aide à domicile, surveillance, entretien — mais dans une logique désormais orientée vers le retour à l'emploi durable, et non plus comme activité de longue durée sans horizon.
Les principales caractéristiques de ce nouveau dispositif :
- Durée limitée à 6 mois maximum, renouvelable uniquement pour les personnes dont l'aptitude au travail est réduite
- Rémunération revalorisée : le tarif horaire passe de 4,10 € à 6 €
- Ciblage resserré : le dispositif s'adresse aux chercheurs d'emploi à employabilité faible ou très faible, aux personnes à aptitude réduite au travail, et aux demandeurs d'emploi à employabilité moyenne inscrits depuis au moins 12 mois au Forem
- Encadrement renforcé via les Points de contact uniques, avec intégration dans le dossier de suivi individuel
- Employeurs élargis : administrations régionales, zones de police et de secours, pouvoirs locaux et organismes d'intérêt public pourront désormais y recourir
- Aucun impact sur les titres-services : les activités ménagères couvertes par ce système restent inchangéesL'objectif affiché est de faire de chaque prestation une étape vers un emploi durable, et non plus une situation d'attente sans débouchés.
Le ministre de l'Emploi défend une réforme qui, selon lui, met fin à une dispersion des responsabilités contre-productive. Un contact mensuel sera désormais garanti pour chaque chercheur d'emploi, avec un premier résultat attendu dans les quatre mois suivant l'inscription. Pour les douze PCU de la direction territoriale Namur-Brabant wallon — dont les trois de notre zone —, le pilotage sera assuré localement par un comité exécutif incluant un responsable Forem, des conseillers en accompagnement, des assistants sociaux et un assistant technique.
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