Le Centre de Conservation et d'Etude de l'AWAP (Agence Wallonne du Patrimoine) vient de s'installer à Suarlée. C'est un outil de pointe en matière archéologique à l'échelle européenne.
Lors des inondations de 2021, on se souvient que la zone de Saint-Servais avait été fortement atteinte et que la catastrophe avait notamment touché de plein fouet le Centre de Conservation et d'Etude de l'Agence Wallonne du Patrimoine. Un centre où sont conservés les objets trouvés en fouilles archéologiques provenant de toute la Wallonie.Aujourd'hui, après avoir vécu 5 ans dans un lieu provisoire, ce centre vient de s'installer dans un nouveau bâtiment à Suarlée, grâce à une enveloppe budgétaire de plus de 3 millions octroyée par la Région Wallonne. Un bâtiment qui répond aux normes internationales les plus exigeantes en matière de conservation du patrimoine.
Situé dans le zoning Ecolys, le Centre de Conservation et d'Etude représente un nouveau départ pour la bonne conservation du matériel archéologique en Wallonie. C'est ici qu' aboutit tout ce qui provient des chantiers archéologiques wallons afin d'y être inventorié et conservé. Un travail qui, jusqu'ici n'était pas fait dans des conditions optimales, mais ce nouveau bâtiment change vraiment la donne, comme le souligne Anne-Sophie Barnich, gestionnaire des collections au Centre de Conservation et d'Etude :
Alors on va pouvoir travailler de manière plus professionnelle et plus optimale. Déjà, on a des volumes qui sont calculés en fonction de nos besoins. En termes de conservation, on a des espaces de réserve avec une meilleure conservation et aussi avec la gestion du climat qui est plus professionnelle également. Donc c'est vraiment un plus pour la région d'avoir ce bâtiment.
Ici, les archéologues déballent, examinent et dressent d'abord un bilan de santé des objets. Laura Mary, une archéologue en plein travail, nous explique :
On va donc examiner s'il y a des moisissures, s'il y a eu des fissures, s'il y a des décollages. Parce qu'ici, la pièce en question, je vois qu'elle a déjà subi un premier traitement où elle se trouvait en province de Liège. Une équipe est passée, a déjà fait un recollage de l'ensemble d'une partie des tessons. Donc on va s'assurer que le collage tient toujours bien et s'il n'y a pas de nouvelles altérations qui se sont produites pendant le stockage. Donc on va noter un petit peu tout ça. On va faire des photos de constats, donc de l'ensemble de la pièce.
Ensuite, l'objet reçoit un numéro, est encodé et retourne dans des réserves spécifiques pour chaque matériau où les conditions d'hygrométrie sont primordiales. C'est ce que souligne Florence Noirhomme, Directrice de la Direction Scientifique et Technique de l'AWAP :
Effectivement, l'humidité est vraiment quelque chose de fondamental à notre niveau et donc, on s'en rend compte assez facilement, par exemple pour le matériel métal, on va avoir besoin d'un air très sec pour éviter qu'il ne se dégrade. A contrario, le matériel organique a besoin d'être conservé dans une atmosphère fort humide. Et donc il y a effectivement tout un tout un équipement très professionnel.
L'objectif est en effet de conserver au mieux tout ce matériel pour en faire bénéficier le grand public.
Florence Noirhomme :
Par le biais, par exemple, des expositions. Et donc on a toute une série de partenariats avec des musées qui organisent des expositions temporaires ou permanentes et qui, du coup, demandent la mise à disposition de matériel. Donc ça veut dire qu'il y a toute une série de mouvements de collections. D'où l'importance d'une base de données qui nous permet vraiment d'assurer un suivi du matériel dans chaque étape de sa vie, puisque sa finalité, effectivement, ce n'est pas de dormir dans une réserve, c'est d'être mis à disposition du public.
Et le travail dans ce centre ne manque pas. Depuis sa création en 2012, quelque 100 000 éléments ont déjà été inventoriés, mais il en reste environ 1 million à traiter. Et parmi ceux ci se trouve notamment tout cet amas de caisses avec le matériel issu des dernières fouilles opérées sur le Grognon à Namur.
Anne-Sophie Barnich :
Dans ces caisses, on a un peu tous types de matériaux. On a des prélèvements en chantier puisque les études n'ont pas encore été faites, donc les prélèvements de terre qui peuvent être analysés, étudiés. On a aussi toute la céramique de toutes périodes confondues car c'est vraiment un site assez exceptionnel. Ici on est face à de l'industrie lithique, donc des silex qui ont été taillés par l'homme. Donc là voilà, c'est tous des objets qui devront être encodés un par un avec leurs données et qui pourront faire l'objet d'études plus spécifiques, de tracéologie par exemple, ou des choses comme ça, histoire de déterminer à quoi ont servi ces différents objets.
Ajoutons que ce centre sera ouvert au grand public lors des Journées européennes de l'archéologie des 12, 13 et 14 juin. Une véritable opportunité de découvrir les coulisses de l'archéologie.
https://agencewallonnedupatrimoine.be/news/journees-europeennes-de-larcheologie-2026-12-au-14-juin-2026/
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