L'accès à la cathédrale Saint-Aubain à Namur est interdit depuis la chute d'une pierre de la façade qui s'est produite le 12 janvier dernier. Le vénérable bâtiment construit en 1751, souffre de l'usure du temps. Des travaux sont à l'ordre du jour.
Le propriétaire des lieux, la Province de Namur, avait reçu en 2017 déjà un subside régional de 12 millions sur 10 ans pour rénover ce site inscrit au patrimoine majeur de Wallonie. Les lenteurs administratives et le temps nécessaire à l'étude du chantier ont fait traîner ce dossier mais aujourd'hui, le chantier s'apprête à démarrer.
Une première étape du chantier va commencer dans les prochains jours afin de sécuriser la façade.
Eleny Tuttobene, responsable du patrimoine immobilier à la Province de Namur, nous explique en quoi cela va consister :
Une entreprise va venir faire ce qu'on appelle un peignage, c'est à dire qu'elle va venir un peu sonder ce qui se passe au niveau de la façade. Les premiers éléments qu'on a sont assez rassurants, en tout cas en comparaison d'images avant/après par rapport à cette période ci. Par contre, ça ne veut pas dire qu'il n'y a rien.
Donc on va opérer d'abord un sondage au travers de ce peignage qui pourra alors nous en dire un peu plus et qui nous permettra d'agir. Et alors, à ce moment là, de sécuriser au maximum cette façade et éventuellement des éléments qui seraient prêts encore à tomber.
Cette première phase qui devrait permettre la réouverture de la cathédrale au public, sera suivie dans quelques mois d'une intervention plus sérieuse et plus conséquente. Mais pour l'instant, la cathédrale est sous monitoring constant. Des câbles et des capteurs suivent différents paramètres de près.
On travaille sur ce qu'on appelle une instrumentation. On a équipé le bâtiment de différents capteurs qui vont être relevés pendant une grosse année, avec une temporalité qui va aussi être liée à des saisons. Donc à un moment donné, on va faire des relevés qui seront un peu plus précis et indicateurs au fil des saisons.
Cette instrumentation, elle nous permet d'évaluer tant les mouvements que la partie hygrométrie et température du bâtiment.
Et d'après les informations déjà collectées, c'est la stabilité du bâtiment qui pose problème.
Attention que la cathédrale n'est pas prête à tomber ! Mais on a effectivement ce qu'on appelle des tassements différentiels qui sont importants et qui créent des désordres importants.
C'est un problème de fondations qui ne sont pas assez solides ou de quoi s'agit-il ?
On a les fondations, forcément, mais c'est toujours un petit peu compliqué d'évaluer ça comme ça. Mais on a surtout une problématique de qualité de sol qui, étant donné qu'on est à proximité ici d'un cours d'eau, se tasse un peu. Cela fait que aujourd'hui, on ne peut plus se passer de reprendre en sous œuvre sous les quatre piliers centraux avec des techniques qui sont des techniques d'injection qu'on va pouvoir réaliser depuis les caves, et alors à ce moment là, on aura une meilleure portance au niveau du bâtiment.
Une fois le problème de stabilité résolu, il s'agira ensuite d'intervenir sur le dôme et ensuite sur la façade. Un chantier qui s'étendra probablement sur des mois, voire des années.
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