A Namur, la réforme du chômage va entraîner l'expulsion de 3200 à 3600 bénéficiaires d'allocation. Tous vont-ils se tourner vers le CPAS ? Non ! La situation est d'ailleurs plutôt calme en ce moment. Le calme avant la tempête ? C'est possible !
Entre 3200 et 3600 personnes vont être exclues du chômage à Namur. Combien vont frapper à la porte du CPAS ? On estime qu'elles seront entre 1200 et 1600. Pourquoi cette différence ? Réponses de Stéphanie Petrov, la Directrice de l'action sociale au CPAS de Namur :
''La différence, elle vient de plusieurs facteurs. Premièrement, on dit toujours qu'il y a des personnes qui vont sortir des radars et qui ne viendront pas pousser la porte du CPAS malgré leur exclusion. Il y en a d'autres qui auront trouvé du boulot. Il y en a d'autres aussi qui n'auront pas forcément droit au CPAS et en particulier au revenu d'intégration. Je pense par exemple à une mère qui vit avec sa fille. La fille perçoit des allocations de chômage tandis que la maman travaille. Elle a droit aux allocations de chômage sans prise en compte des ressources de la maman. Nous, au CPAS, dans le cadre du revenu d'intégration, on tiendra compte des ressources de la maman. Et donc il est probable que selon les ressources de la maman, la jeune fille perde son droit aux allocations de chômage et ne récupère rien du tout au CPAS. "
LA SITUATION EST PLUTÔT CALME
Et on pense que les deux tiers des personnes qui frapperont à la porte du CPAS seront des chômeurs de très longue durée. Actuellement, la situation est relativement calme. On compte seulement une dizaine de demandes supplémentaires par jour.
"Là, les personnes ont perçu leurs allocations de chômage au début du mois de janvier alors on craint, nous, d'avoir un rush début février parce que probablement que beaucoup de personnes ne se rendent pas compte qu'elles sont concernées par l'exclusion. Et elles s'en rendront compte début février quand elles n'auront pas perçu leurs allocations de chômage."
Ce qui amènera le Centre public d'action sociale à travailler en urgence en prévision de tous ces cas de figure. Le CPAS a d'ailleurs renforcé son dispositif d'accueil. 26 équivalents temps plein ont été engagés pour gérer tous ces nouveaux dossiers. Dix nouvelles recrues devraient venir renforcer ce dispositif dans les prochains mois.
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