À bout de souffle, le secteur de l'aide alimentaire lance une campagne destiné à visibiliser l'explosion de la précarité alimentaire en Belgique. Les stocks diminuent alors que le nombre de bénéficiaires ne cessent d'augmenter.
Marcelle vient chercher son colis alimentaire chaque semaine à l'association "La main tendue" à Namur. Un colis qui diminue en quantité et en variété :
Oui, oui, je le constate. Et des fois, on est même obligé de demander plus parce que ce n'est pas suffisant. En plus, c'est tout le temps pareil. C'est répétitif ce que l'on reçoit. C'est toujours des pâtes, du riz, des pâtes, du riz. Mais on prend. On n'a pas le choix.
En 2025, cette association, située non loin de la gare de Namur, a distribué près de 25 000 colis alimentaires à près de 3 600 bénéficiaires. Aujourd'hui, le secteur pousse un cri d'alarme. Les stocks diminuent. Emmanuelle Pire, employée à l'association namuroise "La main tendue", située à Bomel :
Les stocks diminuent de plus en plus. On a de plus en plus de demandes. On a une recrudescence au niveau même des primo arrivants. Et malgré cela, au niveau des commerces et au niveau des produits européens, la diminution se fait sentir de plus en plus.
Moins de denrées européennes
La Belgique achète à l'Union européenne des vivres. En 2025, elle en a acheté pour 27 millions d'euros. Ce montant est tombé à 15 millions d'euros en 2026. Camille Englebert, chargée de mission à la concertation sociale :
Le Fonds social européen n'a pas été complété par le Fédéral. Et donc on se retrouve avec une diminution aussi en terme de quantité de produits européens à distribuer. Ça se traduit comment ? En fait, de 26 produits qui étaient disponibles, on est passé à quinze.
Parmi les produits qui ne se retrouvent plus dans les colis, il y a les produits dit "plaisir". Emmanuelle Pire de La main tendue :
Ce qui passe à la trappe, ce sont ce que j'appelle les produits plaisir. Entendez les produits pour les enfants comme les céréales, les biscuits, la petite plaquette de chocolat, mais également par exemple le type de pâtes. L'année dernière, on avait trois types de pâtes. Cette année, les gens n'ont plus que des spaghettis !
Moins d'invendus pour le secteur
Outre la diminution des denrées achetées à l'Union européenne, le secteur a de plus en plus de difficultés à récupérer de la nourriture provenant de la grande distribution. Camille Englebert :
Cela s'explique par l'arrivée de start-up comme too good to Go, qui marchandise les invendus dans les supermarchés, ou encore la création de rayons de vente rapide pour des aliments qui arrivent à échéance de consommation. Autre explication : il y a une vague de franchisation des supermarchés. Ces gérants indépendants sont plus attentifs au gaspillage alimentaire. Tant mieux, ils sont meilleurs gestionnaires ! Mais c'est autant de quantités qui n'arrivent plus dans l'associatif qui fait dans l'aide alimentaire.
En Belgique, plus de 600 000 personnes dépendent de l'aide alimentaire. Le secteur lance jusqu'au 26 février l'opération Frigo vide. Une campagne de sensibilisation qui se traduira notamment par des rencontres de terrain avec la presse ou encore par une mobilisation sur les réseaux sociaux. Histoire de rappeler que se nourrir n'est pas un privilège, mais bel et bien un droit.
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