À quelques kilomètres de l'échangeur de Courrière, quelques agriculteurs ont distribué des pommes de terre aux automobilistes coincés dans les embouteillages. Une manière de faire comprendre au public les enjeux de cette manifestation.
Un froid à ne pas sortir un manifestant, ce matin. Et pourtant, au milieu des centaines de véhicules qui tentent de se frayer un chemin dans le rond-point Quinaux, une poignée d'agriculteurs proposent aux conducteurs pressés quelques kilos de pommes de terre. Une manière de compenser le temps perdu.
Ce matin, on a fait toute une série de blocages un peu symboliques sur toute la Wallonie, à des axes bien stratégiques. C'est du désagrément pour les citoyens et les automobilistes et donc, en contrepartie, on a décidé d'offrir quinze tonnes de pommes de terre. Des agriculteurs se sont réunis et ont mis ces quinze tonnes de pommes de terre dans des sacs de dix kilos et on les offre gracieusement aux automobilistes qui passent sur le rond-point sur lequel on est, à moins d'un kilomètre du barrage, explique Maxime Janssens, vice-président de la Fédération des jeunes agriculteurs (FJA).
Une distribution pas si symbolique que ça. La pomme de terre illustre bien l'un des problèmes vécus par les cultivateurs wallons et le fossé abyssal entre les prix d'achat de l'industrie de la transformation et ceux payés par le grand public.
L'agriculteur qui a amené sa benne ce matin aurait reçu une centaine d'euros pour la production sur le marché classique industriel. En commerce, elle aurait été vendue à plus de 45 000 € une fois qu'elle a été triée, mise en sachets et commercialisée. La différence, pour quinze tonnes de pommes de terre, est de 45 000 €. Une différence qui ne rentre jamais dans la poche des agriculteurs, surtout en ce moment où il y a un gros manque pour ce secteur, précise Maxime Janssens.
Des explications répétées maintes fois par les manifestants. Malgré la frustration des minutes perdues au volant, l'action de ce matin était globalement soutenue et comprise par les automobilistes.
Les jeunes agriculteurs l'affirment même : si le traité est signé, ils reviendront. Ils n'ont pas fini de faire entendre la voix d'un secteur en pleine crise.
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