Depuis le 29 juin dernier des bovins français sont infectés par la dermatose nodulaire contagieuse. Chez nous, les agriculteurs sont inquiets. Vu la proximité et l'importante importation de bêtes françaises, la maladie risque aussi de s'installer.
Dans sa ferme de Mariembourg, Philippe Buyck et ses voisins observent la France avec inquiétude.
On a peur. La France, c'est quand même notre pays le plus proche, à 30 kilomètres, on y est. Donc on a peur d'avoir des importations de bovins qui seraient infectés sans que ça se sache. Ou qu'il y ait des gens avec peu de scrupules, qui feraient du commerce et qui amèneraient des animaux qui sont infectés.
Il faut dire que lorsqu'un cas est détecté, l'Europe impose l'abattage du troupeau au complet et une vaccination obligatoire dans une zone de 50 kilomètres autour du foyer. Des mesures drastiques mais nécessaires pour éradiquer au mieux la maladie. Alors pour Bernard Gauthier, le président de l'UPV (Union professionnelle des vétérinaires), cette infection doit être prise au sérieux.
Le risque majeur c'est l'importation d'un animal qui serait en période d'incubation, qu'on ne verrait pas malade mais qui pourrait être contagieux. Ce risque, il est présent. On a plusieurs centaines, plusieurs milliers de bovins qui arrivent de France en Belgique par an et on sait qu'il y a des bovins qui sont venus de quelques dizaines de kilomètres de zones réglementées et qui sont arrivés en Belgique. Si ça tombe à la dermatose est peut-être déjà en Belgique et qu'il faut prendre une semaine ou deux ou trois pour s'en rendre compte.
Mais alors comment limiter les risques et se préparer à l'arrivée la dermatose sur le sol belge? Bernard Gauthier détaille :
La première chose, c'est d'essayer de limiter les importations. On ne peut pas les interdire, C'est une réglementation européenne. Mais par contre on peut sensibiliser le secteur agricole en essayant de leur faire dire : "Faites attention, vous prenez des risques pour vous, pour vos voisins, mais pour l'ensemble du secteur agricole belge". La deuxième chose, c'est de prévoir le cadre. Si jamais ça arrive, qu'est-ce qu'on fait ? Les réglementations européennes, elles sont là, elles existent. Mais il faut transposer ça en pratico-pratique belge et là, c'est une sensibilisation des autorités qui a commencé.
Ces discussions entre le monde agricole, vétérinaire et politiques au sujet de la DNC ont débuté à l'automne.
Le ministre Clarinval a pris la décision d'enclencher la la commande de vaccins en décembre. Apparemment, les appels d'offres seraient arrivés à certaines firmes pharmaceutiques. Mais ça prend du temps. On sait qu'il y a des firmes qui peuvent produire très rapidement du vaccin. Mais nous, il n'y a que quand il sera là physiquement en Belgique, qu'on sera rassurés.
Il faut tout de même noter que cette maladie n'est pas transmissible aux hommes. Nous consacrerons un accent le 30 janvier prochain à cette maladie. Quelle est-elle ? Quelles en sont les causes et les conséquences ? Pour le découvrir, rendez-vous à 18h15 sur Boukè média.
Sur le même sujet
Recommandations
Agriculture : il n'y a pas que le Mercosur qui fait descendre les tracteurs dans la rue
Les agriculteurs distribuent gratuitement 15 tonnes de pommes de terre aux conducteurs coincés dans les bouchons
La Croix-Rouge et Paysans-Artisans unis par la solidarité
L'INAMI va tester un nouveau modèle de financement des soins à domicile
Suppression du brevet infirmier: les syndicats se mobilisent contre la nouvelle mesure
L'accent: Christelle, victime d'un cancer du poumon, relève un fameux défi
Les betteraviers, contraints de réduire leurs surfaces de culture dès 2026
Grève nationale: pas de grosse perturbation pour les patients dans les hôpitaux