Après des manifestations contre le Mercorsur, les agriculteurs sont à nouveau descendus dans les rues. À Namur, ils ont protesté notamment contre une réglementation environnementale wallonne en préparation.
Des dizaines de tracteurs qui bloquent l'arrière de la gare de Namur. Une fois de plus, les agriculteurs expriment leur mal-être dans un monde agricole en souffrance. Charles Minet, agriculteur dans la région de Dinant :
Depuis que je suis tout petit, je suis dans ce métier. Ce rêve de reprendre l'exploitation familiale, c'est tout ce qu'on veut. Aujourd'hui, on a l'impression qu'il n'y a plus d'avenir dans ce métier.
La Wallonie veut laver "plus blanc que blanc"
Ce qui mine les esprits, c'est l'accord de libre échange entre le Mercosur et l'Union européenne. Un accord quasi bouclé qui donne des sueurs froides aux agriculteurs wallons. Alors, quand on leur annonce que des mesures plus drastiques seront prises chez nous en matière de pesticides par exemple, la pilule ne passe pas. Sylvain Tasiaux, agriculteur à Eghezée :
On veut nous interdire d'utiliser certaines matières actives, alors qu'avec le Mercosur qui va être signé, ce sera dix fois pire, ce qui arrivera ici. Nous, on doit être plus blanc que blanc alors qu'on va nous importer de la merde ? Cela nous inquiète fortement.
Les agriculteurs ont déjà fait pas mal d'efforts en matière environnementale. Ils sont encore prêts à le faire, mais pas de manière idéologique. Ils veulent pouvoir vivre de leur métier et choisir la culture qu'ils veulent mettre sur leurs terres. (Guillaume Van Binst, secrétaire général de la FJA)
Un plan wallon qui inquiète
La Wallonie planche actuellement sur un plan visant notamment à interdire l'usage de tous les produits phytopharmaceutiques lorsqu'ils menacent de polluer des zones de captage d'eau. "Un plan nécessaire", nous explique Yves Coppieters, le ministre wallon de la Santé, après une rencontre avec une délégation du monde agricole :
C'est une première étape dans une transition environnementale nécessaire. Le gouvernement wallon dépense des dizaines de millions d'euros depuis le début de la législature pour arriver à ce qu'on boive une eau de qualité. Ça nécessite des investissements énormes auprès des distributeurs et des investissements publics. Et on ne peut pas continuer à devoir purifier notre eau. Il faut en amont diminuer les sources de pollution. Et une partie des sources, ce sont les pesticides. Des pesticides qui contiennent aussi des PFAS et qu'on utilise dans les zones de captage.
Nous craignons que du jour au lendemain, on nous supprime la totalité de produits de protection des plantes sans pour autant nous proposer derrière ça des mesures mécaniques, des mesures financières aussi, d'autres techniques, parce qu'il faut y aller au fur et à mesure et on est ouvert de toute façon, dans le milieu agricole d'évoluer. (Caroline Jaspart, présidente de l'Union des agricultrices wallonnes)
À propos de cette réglementation, une concertation sera organisée entre le ministre Coppieters et des représentants
du monde agricole.
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