Le Musée du Malgré-Tout présente une exposition intitulée "Egypte plurielles" qui rassemble un ensemble exceptionnel d'oeuvres provenant de musées réputés mais aussi de collectionneurs privés.
Pour sa 100ᵉ exposition, le musée du Malgré-Tout a voulu en jeter plein les yeux avec une thématique toujours appréciée, l'Egypte ancienne. Mais l'Egypte vue sous l'angle de la femme, et pas seulement les femmes les plus connues, les reines ou les déesses, Néfertiti ou Isis. Non. L'idée est d'appréhender la place des femmes durant les trois millénaires de l'Égypte pharaonique. Une femme qui bénéficie de libertés assez étonnantes pour l'époque.
Dorian Vanhulle, directeur-conservateur du Musée du Malgré-Tout :
La femme égyptienne nous apparaît, par opposition à ce que l'on connaît pour la Grèce et la Rome antique, justement assez libre. Oui, et là, ce n'est pas un cliché, effectivement, les textes en témoignent. La femme égyptienne pouvait divorcer, la femme égyptienne pouvait posséder un patrimoine et le gérer en son nom propre. La femme égyptienne pouvait, dans certaines circonstances, atteindre les plus hautes strates de l'État, voire diriger l'État égyptien.
Tout cela est vrai, mais il y a évidemment toute une série de nuances à apporter autour de cela. La société égyptienne restait une société masculine dans son fonctionnement. Le pouvoir royal est associé au pouvoir royal divin et c'est un pouvoir masculin. Mais c'est une approche de l'existence, une vision de l'existence en Egypte qui a permis cet équilibre apparent entre l'homme et la femme et qui a permis à la femme de posséder toute une série de libertés et éventuellement, effectivement, de diriger l'Etat.
L'exposition explore la société égyptienne sous le prisme féminin à travers une centaine d'œuvres remarquables.
Certaines d'entre elles n'ont jamais été exposées au public, d'autres n'ont jamais été exposées en Belgique, ce qui est pas mal aussi. Et il y a une très grande variété de pièces. A peu près tout ce que l'Egypte a pu produire est représenté ici dans l'exposition, depuis les petites figurines funéraires jusqu'au sarcophage et la momie qui l'accompagne.
Autre pièce rare, cette petite statuette en terre cuite, vieille de plus de 5000 ans.
Nous avons une figurine pré dynastique qui remonte au temps qui précède les pharaons. C'est à dire que cette statuette féminine a, je dirais, 1000 ans de plus que les pyramides de Gizeh et illustre ce moment de la préhistoire égyptienne où finalement tout se met en place en Egypte et les conditions se réunissent pour voir l'éclosion du système pharaonique.
Donc c'est une pièce tout à fait remarquable et qui est encore très contemporaine dans le style et dans son esthétique.
Autre petit trésor, ce fragment de décoration murale provenant d'une tombe de Louxor.
Cette peinture qui représente le buste d'une femme de la haute société du Nouvel Empire est une pièce remarquable, par ailleurs bien connue des égyptologues et qui est tout à fait exceptionnelle et c'est un énorme bonheur de pouvoir l'avoir dans nos salles aujourd'hui.
Cette exposition est accessible jusqu'au 13 novembre au Musée du Malgré-Tout, à Treignes. Des visites guidées sont prévues, notamment à l'occasion de la fête de l'archéologie du musée qui se tiendra les 23 et 24 mai prochains.
https://museedumalgretout.be/
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