L’exposition photo "Cordons" met en lumière le quotidien de mères célibataires vivant difficilement la monoparentalité en Wallonie et à Bruxelles. Le projet fait étape à la Maison de la Laïcité François Bovesse à Namur.
Pendant plusieurs mois, le photographe Christophe Smets et la journaliste Camille Wernaers sont allés à la rencontre d’Alice, Fatima, Kelly et d’autres mamans solos. Ensemble, ils questionnent les réalités de la précarité et de la monoparentalité aujourd’hui. Christophe Smets explique :
La question s'est posée de se dire : tiens, et devant nos portes, comment ça se passe aujourd'hui ? En discutant avec Justine Marotta, de chez Article 27 à Liège, elle m’a dit : “Si tu veux travailler aujourd'hui sur la question des femmes, la situation de la monoparentalité n'a pas encore été vraiment traitée.”.
Après un précédent travail consacré à la santé des femmes au Congo, le photographe a voulu raconter une réalité plus proche de chez nous. Au cœur du projet : la résilience de ces mères dont le quotidien est souvent très compliqué. En Wallonie, plus de 83 % des parents solos sont des femmes.
C'est ça que le projet essaye de montrer : il y a plein de façons d'être maman solo en situation de précarité aujourd'hui en Wallonie et à Bruxelles. Mais surtout, cette force qu'elles arrivent à dégager et cette manière de se battre pour leur famille, parfois plus que pour elles-mêmes.
L’exposition met ainsi en avant des parcours très différents : des mamans jeunes ou plus âgées, vivant en ville ou en milieu rural, nées en Belgique ou arrivées plus récemment.
Le titre de l’exposition porte lui aussi plusieurs significations.
“Cordons”, c'est une idée de Camille Wernaers, la journaliste avec qui j'ai travaillé et qui a écrit les textes. Elle a eu cette belle idée qui vient du cordon ombilical et des cordons de la bourse. Ce double sens du mot “cordon”, auquel on pourrait sans doute encore en trouver d’autres, résume bien les deux sens premiers du projet.
Au-delà des portraits, le projet veut également rappeler l’ampleur d’une précarité qui touche un nombre grandissant de familles.
Je pense qu'il y a beaucoup de messages à faire passer. Peut-être avant tout aujourd'hui, c'est prendre la mesure de l'ampleur du problème et du nombre de personnes concernées. Il y a un nombre alarmant de personnes qui sont touchées et la situation ne va pas en s’améliorant. C’est d’abord au citoyen de s’en rendre compte et de ne pas oublier que nous pouvons tous être touchés par la précarité, principalement les femmes, comme le montrent tous les chiffres.
Inaugurée en février 2025 à La Cité Miroir à Liège, l’exposition est installée à Maison de la Laïcité François Bovesse à Namur jusqu’au 29 mai. L’accès est gratuit durant les heures d’ouverture des bureaux, idéalement sur rendez-vous.
Le vernissage marque également le lancement d’un cycle d’activités autour de la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement.
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