Le Musée des Arts Anciens du Namurois, aussi appelé TreMa, propose une nouvelle exposition consacrée à Cornelis Cort, un virtuose de la gravure du 16 ème siècle.
C'est une première à Namur. Plus de 50 œuvres du grand maître que fut Cornelis Cort sont exposées au TreMa, et ce, grâce à un prêt du musée Wittert de l'Université de Liège, spécialisé dans les estampes.
C'est à Anvers ce que ce graveur débute sa carrière dans une célèbre imprimerie qui reproduit des chefs d'œuvre de l'art flamand ou italien.
Gaylen Vankan, cvonservateur du TreMa :
Cornelis Cort est originaire des Pays-Bas du nord, de la région d'Amsterdam, mais il va commencer sa carrière autour de 1553 à Anvers, où il va travailler avec Jérôme Cock. Jérôme Cock, c'est le grand éditeur anversois du XVIᵉ siècle. C'est lui qui fonde une officine à Anvers appelée "Les Quatre vents" , et vous voyez le nom emblématique, avec cette idée de diffuser largement les estampes.
Mais Cornelis Cort a la bougeotte. Il ne sait pas rester à Anvers. Et surtout, il a envie de s'émanciper de ce rôle de simple ouvrier anonyme qui lui est donné en fait à Anvers. Et donc il va vite voyager. Et donc suivre la vie de Cort, c'est voyager dans les Pays-Bas, mais c'est aussi aller à Venise, aller à Florence, à Rome et partir à la rencontre des plus grands artistes de l'époque et aussi des plus grands mécènes. Et donc on vous parle de Charles Quint, on vous parle d'Alexandre Farnèse, on vous parle aussi des Médicis. Donc c'est tout un univers qui se dévoile à travers cet artiste.
Cornelis Cort s'impose à l'époque par sa capacité à reproduire par la gravure les œuvres de grands peintres ou sculpteurs. Il se montre à la hauteur d'un Titien, d'un Raphaël ou d'un Michel-Ange, dont il transpose les créations avec une maîtrise inégalée.
Antonio Geremicca, professeur d'histoire de l'art à l'Université de Calabre et commissaire de l'exposition :
Mais c'est sa dextérité, en fait, dans la gestion de la technique. Ce n'est pas évident de graver sur une planche en métal, l'instrument est résistant, le matériau est résistant. Et d'un autre côté, il essaie avec cette technique, qui est nouvelle, de donner, de transmettre l'aspect plus pictural des œuvres qu'il grave. Et c'est différent de voir une gravure gravée d'après Titien qui est un artiste du clair-obscur, du paysage, du sentiment, et par la suite graver un sculpteur comme Michel-Ange.
Et donc il arrive à montrer non pas son style, mais le style de l'artiste qu'il est en train de reproduire, traduire, interpréter.
Au delà de l'œuvre de Cornelis Cort, cette exposition nous montre aussi le rôle décisif joué par la gravure dans la diffusion de l'image à la Renaissance. Une véritable révolution à l'époque !
Avec la gravure, on a la création de l'image à partir d'une planche, d'une seule matrice en cuivre. En fait, on peut dès lors produire des centaines d'images. Et ces images, elles vont circuler partout en Europe. Donc c'est vrai que c'est avec la gravure que commence la culture de l'image qu'on vit encore aujourd'hui et c'est avec la gravure que s'enclenche un processus qui va mener par la suite à la photographie et aujourd'hui à nos images sur tous les supports, sur tous les devices, Instagram, les tablettes, les téléphones.
Cette exposition est à voir jusqu'au 13 septembre au TreMa, rue de Fer à Namur.
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