La gestion des Lacs de l’Eau d’Heure a été passée au crible. Selon la ministre du Tourisme, le site souffre d’une offre dispersée et d’une forte dépendance aux subsides. L’audit ouvre la voie à une refonte stratégique.
Le rapport récemment publié met en lumière plusieurs défis structurels : une forte dépendance aux financements publics, une fréquentation en léger recul et une offre touristique jugée peu lisible ou coordonnée. Pour Frédéric de Bueger, président de l’ASBL des Lacs de l’Eau d’Heure, ces constats sont moins un coup de massue qu’une opportunité : « C’est une chance énorme », dit‑il, car l’étude permet d’objectiver des tendances déjà perçues par les acteurs touristiques locaux. Il souligne notamment la réalité d’une dépendance financière trop importante aux subsides publics :
« Quand on a près de 90 % de financement public, il y a un souci », ce qui pose des questions sur la pérennité du modèle économique.
Quatre axes pour une relance durable
Pour répondre à ce diagnostic, la stratégie de développement du site s’articule autour de quatre grands axes :
- Créer un lien plus fort entre les activités touristiques existantes pour favoriser l’enchaînement des expériences (sports nautiques, vélos, restauration, etc.).
- Renforcer l’offre indoor, essentielle pour attirer des visiteurs toute l’année, même par mauvais temps. La rénovation de l’Aquacentre figure parmi les projets phares, avec un budget de 4 millions d’euros issu du plan de relance wallon. Cette enveloppe permettra de moderniser les installations, améliorer le confort des visiteurs, renforcer la sécurité et proposer de nouvelles activités aquatiques.
- Redéployer l’emprise du site pour améliorer sa lisibilité et l’accès aux différentes zones d’activité.
- Structurer une offre touristique complète, en associant mieux opérateurs privés et acteurs publics pour créer un produit cohérent et attractif.
« Ce qui avait été imaginé avant était très bien, mais dans un contexte budgétaire différent. Nous ne remettons pas en cause les idées antérieures, nous les adaptons à la réalité d’aujourd’hui », précise Frédéric de Bueger.
Une dépendance publique à réduire
L’audit souligne que l’afflux de financements publics (plus de 100 millions d’euros investis sur trois décennies) n’a pas toujours généré les retombées économiques escomptées. L’objectif est désormais de renforcer l’autonomie financière du site et mieux exploiter ses atouts, en combinant partenariats public‑privé et investissements ciblés.
La ministre du Tourisme insiste :
« On ne peut plus investir sans ligne directrice. Ce site mérite une vision à long terme, structurée et respectueuse de son immense potentiel naturel et économique. Chaque euro investi doit avoir un impact concret pour le territoire et les visiteurs. » Valérie Lescrenier
L’Aquacentre : un projet stratégique
L’Aquacentre, fréquenté par environ 150 000 visiteurs par an avant sa fermeture pour travaux, sera modernisé pour devenir un centre aquatique quatre saisons.
Ce dossier est crucial pour l’ensemble de la relance, car l’Aquacentre constitue une des pièces maîtresses de l’offre indoor, indispensable pour stabiliser la fréquentation annuelle et diversifier les sources de revenus du site.
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