Près de 4 Wallons sur 10 vivent en zone rurale. Alors que le Schéma de développement territorial redéfinit l’aménagement du territoire, une conférence organisée à Namur ce jeudi 5 février s’est penchée sur l’avenir des villages et hameaux wallons.
Avec le Schéma de développement territorial, la Région encourage le développement autour de centralités. Mais cette orientation suscite des interrogations, en particulier pour les villages et hameaux situés dans des zones excentrées. Alain Collin, président de l'ASBL Les Plus Beaux Villages de Wallonie, explique :
Le Schéma de développement territorial a défini des centralités et je pense qu’il est important de réfléchir à cet enjeu, surtout en ce qui nous concerne. Le débat d’aujourd’hui portait surtout sur les zones excentrées : quel est leur avenir ? Qu’est-ce qu’on va encore pouvoir y faire demain ? Cela nous interpelle beaucoup, nous, à l’Association des Plus Beaux Villages de Wallonie, parce que la quasi-totalité de nos villages se situe dans des zones excentrées. Que pourra-t-on encore y faire ? Il faut que ces villages restent des villages vivants, non seulement beaux, mais également vivants.
Pour objectiver ces débats, le BEP a réalisé 38 diagnostics territoriaux, publiés en octobre 2025, notamment en province de Namur. Ils montrent un ralentissement de la croissance démographique et invitent les communes à repenser la répartition de l’habitat entre villes, centralités et villages. Les explications de Fabrizio Cipolat, directeur du Département territorial du BEP :
La dynamique actuelle de croissance de la population a déjà eu pas mal d’effets. On a donc une population qui se répartit d’une certaine manière dans les villages ou dans les villes. Avec l’orientation régionale, il y a une véritable volonté d’aller davantage vers les polarités, les centralités. Et donc, pour certains villages qui ont connu des développements, de nouveaux lotissements, etc., l’avenir, en tout cas tel qu’il est suggéré ou voulu par la Wallonie, est de réduire, pour certains endroits, cette croissance de l’urbanisation.
Repenser l’équilibre entre villes, centralités et villages : c’est justement le travail que les communes mènent aujourd’hui dans leurs schémas de développement. À Mélin (Jodoigne), dans le Brabant wallon, par exemple, cette réflexion est déjà passée à l’action. C'est ce que commente Maud Blaffart, géographe et urbaniste au sein du bureau d’études et de sensibilisation SEN5 :
On a parfois peur que, le fait d’être en zone excentrée, on ne puisse plus rien faire. Et le “faire” ne se limite pas au logement. Ici, on le voit bien à Mélin : quand bien même on n’aurait pas de projet de développement de quelques logements, il y a plein d’autres choses à faire dans nos villages. Ne serait-ce que la réflexion sur les espaces publics, les connexions en modes actifs et le développement de lieux de rencontre pour les villageois. Rien que cela, il y a matière à faire dans nos villages. Et ce n’est pas parce qu’on est en zone excentrée qu’on ne peut plus développer aucun logement. On doit les limiter, les encadrer, mais il y a peut-être encore certains éléments, dans nos villages, qui sont stratégiques à développer. C’est selon les cas.
Données chiffrées et projets adaptés au contexte local étaient donc au cœur des échanges. Les acteurs du territoire l’ont rappelé : les villages et hameaux ne sont pas des espaces figés, mais bien des lieux de vie, à faire évoluer autrement.
Clara Ligot
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