Face au changement climatique, l'agriculture biologique apparaît comme une solution clé. Mais il est nécessaire de former les nouveaux talents qui rendront notre système alimentaire résilient et innovant. C'est l'objectif de cette école.
C'est sur les terres fertiles de la Hesbaye, à la ferme de Mélet à Upigny, que s'est installé "Organic", la première école supérieure belge d'agriculture bio. C'est un institut de recherche indépendant et privé dénommé "brio.aa" qui porte ce projet. L'idée est de combler une sérieuse lacune dans la formation existante.
Nicolas Luburic, co-fondateur de cette école, nous explique que la filière bio est à la recherche de nouveaux talents :
Nous, on a une demande de la part de la filière d'avoir des personnes à engager, qui ont des connaissances en agriculture bio et agroécologie bio. Et ces structures ne trouvent pas ces personnes. On a constaté aussi par notre expérience de profs en hautes-écoles que les cursus ne permettent pas l'apprentissage vraiment en profondeur, avec beaucoup d'heures, de l'agriculture bio, que ce soit en Haute Ecole ou même en ingénieur.
Et de l'autre côté, on a des étudiants qui sont en demande de venir faire un stage chez nous pour apprendre justement davantage ces techniques et particulièrement d'avoir ces techniques en lien avec le terrain.
Cette nouvelle école disposera en effet des infrastructures du centre de recherche : 60 hectares de terres cultivées en bio, où sont menées des expériences concrètes et en conditions réelles. L'objectif est de démontrer qu'un système alimentaire sans pesticides, sans engrais chimiques, préservant l'environnement et la santé tout en assurant des marges bénéficiaires importantes pour l'agriculteur, c'est possible et ce n'est pas si compliqué.
Exemple de techniques testées et approuvées : la culture associée, ici, l'avoine et la lentille qui sont cultivées en même temps sur la même parcelle.
La lentille va profiter de la présence de l'avoine pour avoir un support et l'avoine va profiter des lentilles pour couvrir une partie du sol et amener du coup un peu d'humidité. On a deux cultures, deux productions, donc une marge plus importante. On a les deux cultures qui se soutiennent l'une l'autre et on a du coup un apport intéressant d'azote au niveau du sol. Un azote qui vient de manière tout à fait naturelle et qui ne coûte absolument rien, en plus.
Les techniques bio qui seront enseignées ici seront aussi en lien direct avec la problématique des inondations et des coulées de boue qui sont aussi synonymes d'érosion du sol.
C'est important notre sol ! Sans sol on n'a pas de nourriture, donc il faut vraiment préserver ce sol qui doit être le plus vivant et le mieux préservé possible. Et cette agriculture là, elle permet aussi d'éviter notamment les coulées de boue, d'éviter les inondations. Notre objectif ici dans les 60 hectares, c'est aussi de veiller à l'eau. Donc, il y aura dans la formation proposée tout un cursus qui se consacre à l'hydrologie régénérative.
Et donc il y a l'idée de maintenir un maximum l'eau dans les parcelles. D'une part, c'est bien pour faire pousser notre nourriture , et d'autre part ça évite que cette eau ne se retrouve en aval.
Cette nouvelle école accueillera dès la rentrée prochaine une vingtaine d'étudiants. Il reste quelques places pour des candidats aux profils très variés, des étudiants qui sortent d'un parcours en agronomie ou biologie par exemple, des personnes en reconversion, ou encore...
Des agriculteurs ou des fils ou des filles d'agriculteurs qui auront envie peut être de reprendre une ferme, qui ont envie peut être de faire autre chose que ce que faisaient leurs parents, ou bien de continuer, mais autrement.
Un autre chemin. Voilà donc ce que propose cette nouvelle école supérieure, financée uniquement par des donateurs privés et des sponsors d'entreprises.
Pour plus d'infos : https://www.ecolesuperieureorganic.be/
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