Au lendemain des débordements survenus en marge de la manifestation étudiante à Namur, plusieurs écoles ont pris la décision de fermer leurs portes ce vendredi. En cause : des menaces relayées sur les réseaux sociaux visant certains établissements.
Ce jeudi, des tensions ont marqué la manifestation contre le décret-programme à Namur. Près de 600 étudiants avaient défilé pacifiquement dans les rues de la ville pour montrer leur soutien aux enseignants. Mais en marge du cortège, des casseurs se sont livrés à plusieurs dégradations et affrontements avec la police. Un jeune homme est même parti en ambulance. Des menaces visant certains établissements scolaires ont ensuite circulé sur les réseaux sociaux. Par mesure de précaution, plusieurs écoles namuroises ont donc décidé de fermer leurs portes ce vendredi. C'est le cas de l'institut technique Félicien Rops. Sylvie Dachelet, la directrice de l’établissement, explique ce choix :
C’est notre pouvoir organisateur qui a pris l’initiative hier en fin de journée, suite aux menaces qui circulaient sur les réseaux sociaux. Etait-ce des pitreries d’adolescents qui tombaient à un mauvais moment, était-ce des choses sérieuses? On n’est pas aptes à savoir mesurer cela. Donc une précaution d’usage a été prise par notre PO, WBE, qui a demandé que les différents établissements de Namur et sa périphérie soient fermés et les cours suspendus pour une journée.
À l’ITCF Félicien Rops, les cours, mais aussi les examens et les épreuves de qualification ont dû être reportés. Une décision qui demande beaucoup d’organisation en cette fin d’année scolaire.
C'est vrai que les qualifications demandent des invitations de jurys. C'est toute une série de personnes du monde du travail qui s'organisent pour venir jusqu'à nous, il faut leur dire qu'ils ne viennent pas alors qu'ils ont déjà pris sur leur temps, et leur demander de revenir à une autre date, c’est compliqué. Il y a aussi toute une organisation interne derrière. On a les internats, il faut prévenir que les enfants ne rentrent pas. Il y avait des repas prévus dans les restaurant scolaires, il faut prévenir qu'on doit reporter ça. Donc oui, il y a une grosse organisation supplémentaire.
La Haute École Albert Jacquard a elle aussi préféré fermer ses portes et a donc dû reporter plusieurs examens. Robin Haubruge, le responsable du service des affaires académiques, justifie cette décision :
C'était important pour les autorités de la HEAJ de pouvoir mettre en sécurité les membres du personnel, les étudiants et les étudiantes, mais aussi pouvoir offrir en période d'évaluation, un environnement serein pour les étudiants qui s'inquiétaient. On a été en contact avec les représentants des étudiants et donc c'était important de pouvoir reporter ça à plus tard pour pouvoir le faire de manière plus sereine.
Mais toutes les directions n’ont pas fait le même choix. À l’Institut Saint-Joseph de Jambes, les cours ont été maintenus. Marie-Hélène Bodar, directrice de l’institut Saint-Joseph Jambes, explique :
J’ai pris la décision de garder l’école ouverte pour ne pas céder à un climat de terreur sur Namur, au vu des événements d’hier.
Une décision qui n’a pas empêché de nombreux parents de garder leurs enfants à la maison. Seulement une petite centaine d’élèves sont venus ce matin. Pour la directrice, il était surtout important d’insister sur la sécurité :
Je trouvais qu’on avait un message important à donner à nos jeunes : l’école est un lieu qui doit être sécurisé, un lieu où on doit se sentir en sécurité. Je voulais le garantir. Je ne veux pas non plus que les jeunes puissent penser qu’on peut se laisser prendre par ce climat mis en place par un petit groupuscule à Namur.
La police a renforcé sa présence dans la ville et aux abords de plusieurs établissements durant la journée. Les écoles fermées espèrent désormais pouvoir réorganiser rapidement les examens reportés afin de limiter les perturbations pour les élèves, et les directions restent en contact avec la ville et la police.
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