Les surfaces agricoles sont souvent pointées du doigt lorsque l'eau fait des dégâts. Comment diminuer l'érosion et le ruissellement en cas de fortes intempéries? À Vedrin, un agriculteur a planté arbres et arbustes pour atténuer ces phénomènes.
Christian Lavoix est agriculteur sur les hauteurs de Vedrin. En 2021, ses terres agricoles ont été touchées par les inondations. Alors, il s'est adressé à PlantC, une entreprise namuroise qui permet de financer la plantation d'arbres et d'arbustes. Objectif de Christian: limiter à terme le ruissellement de l'eau et l'érosion dans ses champs en cas de fortes intempéries. Romain Ribéraud travaille à PlantC. Il nous explique les travaux réalisés il y a environ trois ans déjà:
"Il y a deux axes d'érosion sur lesquels on est venu réaliser un aménagement qui vient justement en travers des axes d'érosion pour venir tamponner et limiter les flux d'eau ou les flux de boue"
Si planter des haies a freiné l'érosion des sols ou le flux d'eau qui ruisselle, ce n'est pas le seul moyen qui existe. Sur un autre champ, une bande herbeuse de douze mètres de large a été créée.
"L'avantage, c'est que ça maintient justement une couverture végétale au niveau du sol et donc c'est toujours mieux qu'un sol nu qui absorbe nettement moins bien l'eau quand celle-ci tombe en grosse quantité".
Découper les parcelles agricoles
Pour enrayer l'érosion ou le ruissellement, ces deux solutions ne sont pas la panacée. "Il faut diminuer la taille des parcelles agricoles". Cette recommandation, on l'entend souvent dans la bouche d'experts en aménagement du territoire. Alors, Christian serait-il prêt à le faire ?
"Ça dépend. Ici, ce serait compliqué parce que c'est une parcelle qui n'a accès à la route que sur le dessus. Donc si je dois découper ma parcelle, je suis de toute façon obligé de la découper dans le sens de la pente. Celui qui a la chance d'avoir un accès des deux côtés, il peut couper sa parcelle en deux au milieu et faire une culture dans le fond différente de la culture du dessus. Moi si je le fais, c'est plus compliqué à mettre en place et économiquement, ça ne va pas être intéressant".
La bétonisation, autre source de problèmes
Pour Christian, les dégâts causés lors des inondations ne sont pas dus uniquement aux terres agricoles. Il tient à le dire à une époque où les agriculteurs sont pointés du doigt:
"Les agriculteurs sont toujours montrés du doigt parce que ce sont eux les plus visibles dans le paysage. Mais le fait d'avoir plus de maisons, plus de béton pose beaucoup de problèmes. Près de ma ferme, il y a par exemple un lotissement. Avant sa création, il y avait un fossé de deux mètres de larges et un mètre de profondeur. Ce qui permettait d'accueillir l'eau en cas de fortes précipitations. Quand les gens ont fait leur maison, ils ont tous bouché et certains l'avaient même canalisé. Donc forcément, quand il pleut, ça ne sait pas suivre".
Christian a fait planter un kilomètre de haies. Un type d'effort qui devrait être multiplié partout pour que ce soit réellement bénéfique à l'échelle de notre territoire.
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