Le décret relatif à l'enseignement devrait être adopté la semaine prochaine mais il continue de susciter de vives réactions. A Sambreville, des professeurs se sont rassemblés pour manifester leur épuisement mais aussi leurs craintes face à ce décret.
Ce midi, ils et elles étaient venus braver la pluie pour dire non au décret programme. Un décret qui a franchi une nouvelle étape cette nuit puisqu'il a été adopté par la commission du budget du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pour rappel, ce décret programme prévoit 500 millions d'économie dans l'enseignement d'ici 2029 en augmentant la charge horaire des enseignants, en augmentant le minerval et en réduisant par contre les budgets accordés aux fournitures scolaires et aux repas gratuits.
Deux enseignants sont montés au créneau lors de la manifestation pour dire leur épuisement mais aussi leurs craintes. Pour eux, la ministre Glatigny se trompe. L'enseignement manque de moyens. Une des conséquences de ce décret, s'il devait être adopté : des classes bondées ! nous explique Thomas Lefebvre, professeur de mathématique au Collège Saint-André d'Auvelais.
Bondées parce qu'on ne donne pas les moyens d'accompagner correctement les élèves. Alors, sur les réseaux sociaux, on voit beaucoup de publications de ces fameux décideurs politiques qui nous disent : plus d'accompagnement, plus de moyens financiers, mais en fait ce n'est que du blabla. C'est du blabla parce que sur le terrain, les enseignants sont épuisés, les enseignants ne sont pas écoutés, les enseignants ne sont pas concertés. la ministre décide décide tout depuis son bureau.
LES MESURES D'ECONOMIE PASSENT TRES MAL !
Image
La mesure d'augmentation de la charge horaire en particulier, passe très mal, nous confirme Myrtille Déom, professeure de français et de religion au Collège Saint-André d'Auvelais.
Oui, totalement ! Surtout que nous, on est dans le degré inférieur. Et donc tous ceux qui vont avoir 2 heures supplémentaires dans le degré supérieur vont nous prendre les heures, prendre les heures dans le degré inférieur et donc prendre surtout les heures des jeunes enseignants. Donc nous, on va être impactés aussi. On ne sait pas si on sera là l'année prochaine ou pas.
Crainte aussi chez les enseignants en fin de carrière. Aujourd'hui, les charges administratives et les protocoles à respecter sont tels que l'on irait vers une dégradation de l'enseignement et de l'évaluation, nous dit Véronique Thirot professeure de sciences au Collège Saint-Jean-Baptiste de Tamines.
Qu'est ce qui va se passer s'il y a le vote la semaine prochaine ? Moi, je l'ai dit à ma directrice, je supprime toutes les questions d'analyse, toutes mes questions. Ça sera quoi ? Des QCM ! Ce n'est pas dans mon habitude parce que je suis en général perfectionniste, mais à un moment donné, eh bien oui, la qualité de l'enseignement va baisser.
Aujourd'hui, un jeune enseignant sur cinq quitte le métier dans les trois ans. Cela pose question.
Mais concrètement, qu'est ce qu'on fait pour accompagner ces jeunes enseignants qui sont sur le terrain ? Et bien on leur ajoute 2 h supplémentaires ! Ce qui fait qu'un jeune enseignant, l'année prochaine, devra peut être faire 2 h à Ciney, 2 h à Namur, 4 à Tamines. Qui accepterait sérieusement de travailler plus pour obtenir le même salaire ?
Beaucoup de lassitude chez ces manifestants ce midi. Beaucoup de frustration aussi, celle de ne pas se sentir entendus. Mais la détermination à se faire entendre est là. Une autre manifestation est annoncée pour le 20 juin prochain.
Sur le même sujet
Recommandations
Des facteurs à bicyclette portent la voix de l'école
Sambreville : les coupures d'eau probablement jusqu'à mercredi !
Conseil Communal : plusieurs dossiers autour de la future école de Mozet
Les élèves de l'Athénée Royale de Doische exposent leurs photos au Centre Culturel
Sambreville : Les exclus du chômage affluent au CPAS - La MJ toujours dans la tourmente !