Le conseil communal a voté en faveur d'un recours en justice, malgré des chances de succès jugées « faibles voire inexistantes » par le bourgmestre lui-même.
Le conseil communal de Sombreffe a autorisé, ce dimanche 16 février, l'introduction d'un recours devant le Conseil d'État contre le permis de repowering du parc éolien porté par Vent de l'Ornoi sur son territoire. Un permis accordé par le gouvernement wallon, malgré l'avis négatif rendu par la majorité communale.
Le projet prévoit le remplacement des six éoliennes actuelles — quatre à Sombreffe et deux à Gembloux — par un nouveau parc de six mâts, dont cinq seraient désormais implantés sur Sombreffe et un seul sur Gembloux. Des machines sensiblement plus hautes, ce qui cristallise les inquiétudes : impact paysager, proximité avec les villages, proliférations de nouveaux parcs.
« Tant qu'on n'a pas de cadre, on dit non à tout »
Le bourgmestre Jonathan Burtaux (MR) ne se fait guère d'illusions sur l'issue du recours.
« Les chances que ça fonctionne au Conseil d'État sont faibles voire inexistantes, mais c'est pour envoyer un signal : il nous faut un cadre clair. »
La commune a commandé une étude au BEP de la province de Namur afin d'obtenir une vision globale des projets éoliens autour de son territoire. « Potentiellement, on pourrait avoir énormément de mâts autour de nous. Lesquels accepte-t-on ? Tant qu'on n'a pas ce cadre, on dit non à tout », résume le maïeur.
Le groupe Autrement appuie cette ligne. Le conseiller Lecomte réclame lui aussi une vue d'ensemble, tandis que son collègue Laloux ne mâche pas ses mots :
« Ce qui m'intéresse, c'est que les gens aient un beau paysage quand ils sortent de chez eux. » Et d'ajouter : « Même si on perd, il faut aller en justice. Si on laisse passer, ils vont se dire qu'on ne dit rien. »
La question agricole a également été soulevée : si l'exploitant qui accueille une éolienne sur sa parcelle y trouve son compte, les terrains environnants seraient, eux, dévalués.
L'opposition défend un projet « citoyen »
Du côté d'Osons Ensemble, on plaide au contraire en faveur du repowering. Le groupe rappelle que les données scientifiques encouragent la rénovation des parcs existants plutôt que la multiplication de nouveaux sites, une orientation conforme à la politique wallonne. Sombreffe s'est en outre engagée, via la Convention des Maires, à augmenter sa production d'énergie durable.
L'opposition insiste aussi sur la dimension citoyenne du projet : l'un des mâts serait acquis par la coopérative Nosse Moulin de Gembloux. Une part à 250 euros y donne le même pouvoir de décision qu'un investissement de 3 000 euros ou plus, et permet d'accéder à une électricité à prix stable, découplée des fluctuations du marché.
« C'est dangereux de mettre ce type de projet sur le même pied que ceux des multinationales », argue l'opposition, rappelant que des habitants soutiennent activement le maintien du parc.
Valérie Delporte (Ecolo, sur la liste Osons Ensemble) a quant à elle rappelé qu'un cadre éolien communal avait été proposé dès 2013, mais rejeté par le gouvernement wallon de l'époque. « On n'aurait jamais eu ce fatras de multinationales qui veulent s'installer à Sombreffe », regrette l'écologiste, pestant contre ce qu'elle qualifie d'« accord de majorité » de l'époque, car Ecolo faisait partie du gouvernement.
Vote quasi unanime, une abstention au PS
Seule voix discordante dans la majorité et l'opposition réunies, la conseillère PS Betty Hainaut a choisi l'abstention.
« Qu'est-ce que le citoyen gagne au milieu de tout cela, qu'on aille en justice ou pas?», s'est-elle interrogée.
À l'exception d'Osons Ensemble et de Mme Hainaut, l'ensemble du conseil a voté en faveur du recours devant le Conseil d'État.
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