Mettre en lumière ceux qui racontent le monde, c'est l'adn de "Passeurs du réel". Durant 4 jours, journalistes, photographes et podcasteurs se relayent au Delta à Namur pour rencontrer le public.
Ces images qui sont projetées dans cette salle du Delta à Namur racontent une réalité glaçante, celle du Cachemire, une région située entre l'Inde, le Pakistan et la Chine. Elle est considérée comme la zone plus militarisée au monde. Là-bas, depuis 1947, on se bat pour avoir le droit à l'autodétermination. Parmi les seules images existantes de ce conflit, cette photographie de Cédric Gerbehaye. On y découvre un jeune garçon blessé par des tirs de grenailles, lové dans les bras de sa mère.
Cette photographie, qui a été publiée à de multiples reprises dans différents pays avec différentes traductions, a ému et touché un chirurgien allemand. Il nous a contacté pour payer l'opération du jeune homme et lui permettre de retirer les billes de plomb de ses yeux, une à une. Il a retrouvé la vue et, aujourd'hui, peut permettre à sa famille de continuer à vivre.
La preuve, s'il en fallait une, de l'importance de ce journalisme visuel. Et c'est précisément ces métiers, ceux qui racontent l'histoire du monde, qui sont mis en lumière par le festival "Passeurs du réel". Xavier Istasse, son fondateur, explique :
D'abord, on leur donne l'occasion de relater leur reportage. Mais dans une deuxième partie, qui est très importante aussi, il y a 30 ou 40 minutes de questions-réponses. On sait à l'heure actuelle comme c'est important d'avoir des lieux d'échange, de dialogue. On en manque beaucoup. Sur les réseaux sociaux, c'est malheureusement parfois l'invective. Donc ici, les questions-réponses donnent souvent lieu à des échanges, non seulement, entre entre le public et l'intervenant, mais aussi entre le public lui-même. Parfois, ça tourne un peu au débat.
Pas de quoi effrayer les invités de cette 7ème édition du festival. Qu'ils soient journalistes, podcasteurs ou photographes. C'est même primordial pour Cédric Gerbehaye.
Justement, on n'a jamais la finalité de notre travail. Une fois qu'il est publié dans la presse ou éventuellement en exposition ou dans un livre, on ne sait pas exactement quelle va être sa finalité. C'est très important de pouvoir partager, de pouvoir être dans la transmission et de retrouver ce lien. Sans lien, il n'y a pas de photographie. Sans lien, il n'est pas possible de raconter ces histoires.
Des histoires qui sont pourtant essentielles à la compréhension et au décryptage de notre société. Et qui doivent laisser des traces. Une mission compliquée par un contexte budgétaire et politique défavorable et une méfiance latente envers les médias. Pour rendre compte de leur nécessité, Passeurs du réel se poursuit jusqu'à demain, vendredi. Avec à 14h, un focus sur les tribus Lakotas et leurs traversées à cheval, dans le Dakota du Nord et du Sud. Xavier Istasse détaille la suite du programme.
Il y aura également Jeanne Frank qui s'est intéressée aux séquelles de la guerre en Yougoslavie. On termine la journée avec Benjamin Brière qui a été otage en Iran pendant trois ans. Il a sorti un livre. Donc je pense qu'avoir son témoignage, ça va être un grand moment aussi
Ces rendez-vous sont donnés au Delta à Namur. Toutes les informations et réservations sont à retrouver sur ce lien.
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