La 64e édition du Festival mondial du folklore de Jambes n’aura pas lieu en 2025. En cause : de nouvelles redevances communales et une hausse des coûts logistiques, jugées incompatibles avec l’équilibre financier de l’événement.
C’est un rendez-vous culturel bien connu des Namurois qui disparaît temporairement du calendrier. Le Festival mondial du folklore de Jambes est annulé cette année. Les organisateurs évoquent une accumulation de frais supplémentaires liés à l’occupation de l’espace public et à l’utilisation du matériel communal, rendant impossible l’organisation de la 64e édition.
Ces danses et ces musiques venues du monde entier ne résonneront donc pas dans les rues de Jambes cet été. Pour le comité, la décision s’est imposée après des analyses budgétaires et de discussions avec les autorités communales.
Yves Calbert, membre du comité d’organisation, détaille les difficultés rencontrées :
"Mais le problème, c'est que la ville de Namur nous taxe. Elle nous donne moins de subventions, mais ça elle le fait pour tout le monde, nous sommes d'accord. Mais à côté, elle nous a rétrogradé en classe C au lieu de classe B et donc on doit payer. Par exemple, il n'y a plus de prêt de matériel, c'est de la location de matériel. Puis, il y a le transport du matériel et des tas d'autres frais. Par exemple, on voudrait danser sur la place d'Armes, on doit maintenant payer la location de la place d'Armes. D'un côté, on nous donne moins, de l'autre côté, il y a des tas de frais en plus et on n'a même pas encore l'étendue totale de ces frais."
Incompatibilité d'agenda
Le comité d’organisation a rencontré la bourgmestre afin d’examiner des solutions. Jusqu’ici, la Ville mettait notamment une scène à disposition. Désormais, celle-ci devra être louée. Certaines alternatives ont été proposées, mais elles ne correspondent pas aux contraintes de l’événement.
"Nous avons rencontré bien sûr Charlotte Bazelaire et ça s'est très bien passé. Mais elle est face à une situation où la ville a des problèmes financiers. On a parlé à Tanguy Auspert, qui nous a conseillé d'aller soit au Grand Manège, soit au Delta. Mais on s'est informé, on a des lettres qui le prouvent, ces salles ne sont pas disponibles à ce moment là. Alors on pourrait changer les dates ? Mais ce n'est pas possible parce que notre festival, il va avec d'autres festivals. Dans les groupes qui viennent ici, il y en a qui font un circuit et vont dans d'autres festivals d'Europe, nos dates sont choisies en fonction de cela."
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Depuis sa création, le festival a accueilli des groupes issus de 112 pays. Pendant quatre jours, près de 200 personnes doivent être logées et nourries. Cette année, des délégations de l’île de Pâques et de la Martinique étaient attendues, mais les contrats n’ont finalement pas été signés. L’équilibre financier restait fragile, comme le souligne Yves Calbert :
"Grosso modo, il nous manque 25 000 € pour l'organisation. On a géré les choses en bon père et bonne mère de famille. On n'a pas de problèmes financiers, mais seulement, si on a le moindre problème cette année, on se retrouve avec un trou et on a pas envie de devoir mettre chacun 5 000 € de notre poche. C'est pour les Namurois, c'est pour amener les danses, les chants, la bonne humeur."
Les organisateurs lancent désormais un appel au mécénat et espèrent que cette année blanche leur permettra de trouver de nouvelles sources de financement afin de relancer l’événement en 2027.
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