Une nouvelle publication intitulée "L'étonnante odyssée industrielle namuroise des 19 et 20è siècles" retrace l'épopée de la famille Stephenne, qui fut à l'oeuvre non seulement dans le domaine des meuneries mais aussi dans le secteur de la dolomie.
Du haut de cette falaise, Ugo contemple une partie de son histoire, de celle de ses aïeux et celle de l'industrie de la région namuroise. Le site des anciennes carrières de la Dolomie à Floreffe est impressionnant, même s'il est interdit au public. Nous y avons accès exceptionnellement pour une petite remontée dans le temps, car c'est ici que naquit l'épopée industrielle de la dolomie frittée en Belgique.
Dans son ouvrage tout juste paru, intitulé "L'étonnante odyssée industrielle namuroise des 19ᵉ et 20ᵉ siècle", Ugo Arquin nous offre non seulement une chronique familiale, mais aussi une fresque historique passionnante.
Eh bien, il s'agissait pour moi de rendre hommage à des membres de ma famille dont le parcours est assez méconnu dans l'histoire industrielle de Namur. Et il s'agissait également pour moi d'en profiter pour évoquer les grandes fabriques qui ont rythmé vraiment la vie locale, que ce soit à Namur et dans les environs. C'était l'occasion, à travers la famille Stephenne comme fil conducteur, de rendre un vibrant hommage à toutes ces activités industrielles.
Le récit démarre en 1876 lorsqu'un certain Félicien Stephenne, fils d'un modeste meunier de Thuin en Hainaut, décide de s'installer à Namur et d'y reprendre un moulin actionné par le Houyoux.
Il était d'abord locataire d'un important moulin de la rue des Dames Blanches, qui appartenait avant à la famille Borlée et qu'il s'est empressé de moderniser pour le rendre plus compétitif au regard de la concurrence. Et puis, finalement, il en est devenu le propriétaire à partir de 1879. Et là, il a pu continuer à accroître sa production jusqu'à aller à environ 400 sacs de farine par jour, ce qui en faisait l'un des plus importants moulins de Namur et même de Wallonie.
Mais l'entreprise connaît ensuite bien des déboires: incendies, banqueroute, puis faillite. Félicien Stephenne est donc contraint de se reconvertir et il choisit le secteur de la chaux. C'est à ce moment là que surgit la chance de sa vie sous la forme d'une rencontre. Le directeur d'une aciérie française est en effet à la recherche d'une pierre riche en magnésie, indispensable à la transformation de la fonte en acier.
Félicien Stephenne va lui dénicher cette pépite à Floreffe et lancer en Belgique l'industrie de ce qu'on appelle la dolomie frittée, c'est à dire cuite à 1700 degrés, soit 500 degrés de plus que pour la chaux classique.
C'est donc ici après avoir mené sa petite enquête, qu'il a trouvé une pierre qui contenait effectivement 40 % de magnésie et qu'il a commencé à l'exploiter. Il a d'abord envoyé un premier échantillon à son client lorrain Henri de Wendel, qui était très satisfait du résultat, au point qu'il lui a commandé plusieurs tonnes de ce produit qui sont venus donc alimenter les fours d'aciérie en Lorraine.
Félicien Stephenne et ensuite ses descendants domineront l'industrie de la dolomie frittée belge jusqu'en 1969, avec une usine et des fours implantés d'abord à Malonne, Flawinne et puis Marche-les-Dames. Cette histoire, qui se lit vraiment comme un roman, réservera en tout cas bien des découvertes à tous les Namurois sur la place de notre région dans la révolution industrielle du XIXᵉ siècle.
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