C'est la saison des budgets dans les communes... et les prévisions ne sont pas optimistes vu le contexte économique ! A La Bruyère, on ne fait pas exception !
Après les années d'opulence qui ont vu la réalisation de grands projets comme la nouvelle maison communale ou le hall sportif d'Emines, cette fois la période des vaches maigres a commencé !
L'échevin des finances, Grégory Charlot, a présenté le budget 2026 en soulignant qu'il avait dû faire l'objet d'un arbitrage sévère afin de gérer au mieux les deniers publics dans le contexte actuel. Dans ce cadre, il a fallu se résoudre à ne pas remplacer tous les membres du personnel qui partent et à réorganiser les services. Tout cela en maintenant le service rendu à la population.
Des dépenses en forte croissance
Le budget ordinaire de La Bruyère pour 2026 est marqué par une augmentation significative de plusieurs postes de dépenses. Les frais de personnel constituent le premier pôle de dépense, s'élevant à 6,47 millions d'euros, ce qui représente 45,5 % du budget ordinaire. Selon le groupe d'opposition MR-EPV7, ce poste a subi une hausse de 71,3 % depuis 2017, une progression bien supérieure à la croissance démographique de la commune (+2,5 %).
Parallèlement, les dépenses de fonctionnement ont bondi pour atteindre 2,38 millions d'euros, soit une augmentation de près de 30 % par rapport au budget initial de 2025. "C'est pareil que pour tous les ménages, soulignera l'échevin des finances, tout augmente...les factures d'eau, d'électricité, de gaz, personne n'y échappe ! et les communes, comme les citoyens, font des efforts pour réduire leurs factures. "
Enfin, la charge annuelle de la dette pèse lourdement sur les finances locales : elle s'élève à 2,02 millions d'euros pour 2026, dévorant ainsi 14,23 % des dépenses ordinaires.
Investissements et financement : un équilibre fragile
Les projets d'investissements pour 2026 sont très limités. Voici les principaux :
- Création d'une ZIT , Zone d'Immersion Temporaire, pour stocker les eaux pluviales à Bovesse ( subside de 133 000 euros) : 140 000 euros.
- Revêtement hydrocarboné pour les routes de l'entité : 130 000 euros
- Châssis de l'école de Bovesse (subside de 47458 euros) : 120 000 euros
- Foot de Rhisnes : placement de 3 modules et rénovation du bâtiment existant : 220 000 euros
- Etude du Shema de Développement Communal : 120 000 euros.
Pour financer ses projets, la commune prévoit :
• De nouveaux emprunts à hauteur de 470 000 euros.
• Un prélèvement massif de 885 688 euros sur le fonds de réserve extraordinaire.
Ce recours aux réserves inquiète particulièrement le MR car il entraîne une réduction de 63,2 % du capital disponible, qui tomberait à environ 516 000 euros fin 2026. À ce rythme, les réserves pourraient être totalement épuisées dès 2027, laissant la commune sans « coussin financier » pour les imprévus.
L'opposition MR dénonce une « fuite en avant »
Laurent Botilde, pour le groupe MR, a dressé un portrait alarmant de la santé financière de la commune, évoquant une « situation d'alerte ». Les critiques de l'opposition se cristallisent notamment sur deux points :
1. Le spectre de la tutelle : Le ratio d'endettement atteint désormais 111,10 % du seuil autorisé. Si ce ratio dépasse les 125 %, la commune risquerait une mise sous tutelle renforcée par les autorités supérieures, une limite qui pourrait être franchie d'ici 2 à 3 ans selon les projections libérales.
2. L'efficacité administrative : Citant un scan de Belfius, le MR pointe un manque d'efficience avec un score « C » pour le personnel. La commune emploie 9,7 équivalents temps plein (ETP) pour 1 000 habitants, alors que la moyenne des communes comparables se situe à 8,15.
En somme, alors que la majorité .Bé -D&B défend sa gestion et ses investissements via des recettes de transferts (Fonds des communes, taxes additionnelles à l'IPP et au précompte immobilier), le MR dénonce une absence de réformes structurelles. Pour l'opposition, la commune « hypothèque délibérément son avenir » en consommant son capital pour couvrir ses dépenses courantes.
La majorité n'a évidemment pas la même lecture des chiffres. "Les investissements qui sont faits et les services qui sont rendus à la population font aussi que notre commune est bien cotée ! " insiste Gregory Charlot, échevin des finances. Et le bourgmestre, Yves Depas, de renchérir : "Le bien-être, on ne sait pas le chiffrer ! Vous, dans l'opposition, vous ne voyez que les chiffres mais vous ne voyez pas le bien-être que cela apporte ! "
"Et si vraiment, nous sommes en difficulté, ajoute l'échevin des finances, nous pourrons toujours renoncer à certains projets ! "
Pour les citoyens qui voudraient aller plus loin, rappelons qu'il est possible de revoir l'entièreté du conseil communal de La Bruyère sur la page Facebook de la commune.
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