La question s'est posée hier soir au conseil communal de La Bruyère. Le MR s'est étonné qu'un échevin apparenté aux Engagés critique ouvertement la politique de la majorité Arizona.
Lors du conseil communal de ce jeudi soir à La Bruyère, il a été souligné à plusieurs reprises que les autorités supérieures, c'est à dire l'état et la région, sous-finançaient certains domaines de la société comme l'enseignement, ou la police et que , de surcroît, les réformes en cours auraient immanquablement des conséquences difficiles pour les communes et pour les CPAS.
Et La Bruyère n'échappe pas à cette situation malgré un contexte financier plutôt favorable.
Ainsi, pour le compte 2025 examiné hier soir, on constate que la commune a dû puiser dans ses réserves la somme de 85 000 euros pour se maintenir en léger boni. C'est malgré tout une nette amélioration par rapport à 2024, où le résultat affichait un déficit de 474.000,00 €. Cette évolution positive s’explique notamment par la diminution des dépenses de fonctionnement a expliqué l'échevin des finances, Gregory Charlot (D&B)).
Sur les bancs de l'opposition, le groupe MR-EPV7 votera contre ces comptes de l'année 2025. Laurent Botilde, chef de groupe, s'explique : "En réalité, ce boni est artificiel, obtenu en allant chercher 85.000 euros dans les provisions. Sans ce tour de passe-passe comptable, nous serions à nouveau en déficit...Autrement dit : vous ne redressez pas la situation, vous la maquillez." Et il ajoute " Avec des recettes fiscales en hausse – IPP, précompte immobilier, fonds des communes –, vous n’êtes pas capables de dégager un vrai boni ordinaire." Le groupe MR-EPV7 fustige par ailleurs les dépenses croissantes en terme de personnel : "En 2025, les dépenses de personnel dépassent 6,36 millions d’euros, en hausse de
4,6% sur un an, après des augmentations déjà très fortes les années précédentes. Cela représente près de la moitié des dépenses ordinaires.
Et de conclure : "Face à cette dérive structurelle, vous avez choisi la facilité : serrer la vis, en catastrophe, sur les dépenses de fonctionnement. Ce n’est pas une gestion, c’est un coup de frein d’urgence."
Du côté de la majorité, l'échevin des finances admet qu'effectivement les dépenses de personnel sont importantes mais que des efforts ont déjà été faits et que des départs n'ont pas été remplacés. Mails il ajoute que le commune a de plus en plus besoin de personnel qualifié, avec par conséquent des barèmes plus élevés.
On a également parlé finances avec l'examen d'une première modification budgétaire. Et là, ce sont les pensions des agents statutaires qui vont coûter de plus en plus cher. Les cotisations perçues par le Service Fédéral des Pensions sur les salaires du personnel en activité ne suffisent plus à couvrir le coût global des pensions des anciens agents retraités. Et pour combler ce déficit structurel, l'État fédéral oblige les communes à payer une cotisation de responsabilisation. Gregory Charlot , l'échevin des finances, s'est donc insurgé contre cette situation qui est imposée par le pouvoir fédéral et qui met les communes en difficulté, une fois de plus, dira-t-il.
Et c'est à ce moment là, que Laurent Botilde, pour le groupe MR-EPV7, s'est étonné qu'un échevin D&B, qui est apparenté aux Engagés, ne soit pas solidaire des décisions prises en amont par une majorité fédérale où les Engagés et le MR travaillent main dans la main. "Je vous invite à écrire à votre président de parti, ajoutera-t-il, pour expliquer la situation des communes, mais je pense que les réformes prises au féréral et au régional, elles sont nécessaires. Et quand on est apparenté, on se doit d'être solidaire... ou alors le meilleur choix c'est de ne pas s'apparenter !"
Gregory Charlot, échevin des finances et apparenté aux Engagés, s'est donc expliqué : "Je suis gestionnaire d'une commune et pas du pays ou de la région. J'agis avec ma casquette de municipaliste. Et en tant que municipaliste, je suis a-politique et je suis pour l'intérêt de ma commune."
Ce genre de passe d'armes risque en tout cas de se reproduire car les répercussions des décisions prises au fédéral vont encore impacter les communes.
Le CPAS de La Bruyère, concerné par la réforme du chômage , a déjà mis en garde le conseil lors du vote de ses comptes: la 3ème vague d'exclusions du chômage, en juillet, s'annonce compliquée pour La Bruyère. Nous analyserons son impact cet été.
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