Clash au conseil communal, l'opposition quitte la séance...

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Tensions au conseil communal de Namur. Suite à la mise au vote d'une demande de motion, l'opposition a quitté la séance. Le PTB, le PS et Ecolo parlent de déni de démocratie. La majorité, elle, tient à recentrer les débats sur les enjeux locaux.

La séance se déroulait jusque là de manière plus ou moins normale. Après avoir parcouru l'ordre du jour classique, l'assemblée a abordé plusieurs interpellations des conseillers. Une première interpellation portait sur l'adoption d'une motion sur les difficultés rencontrées par les opérateurs de collecte de textile. Une motion portée par la majorité et l'opposition, et qui aborde notamment des questions internationales puisqu'on y parle, entre autres, du commerce mondial du textile et les répercussions sur des pays en voie de développement qui sont inondés de tonnes de vêtements. La motion est discutée et puis votée.
 
Et puis, une autre demande de motion arrive dans le débat. Elle est portée cette fois par l'opposition Ecolo qui demande de soutenir et de protéger le peuple libanais qui souffre de la guerre. Et là, ça coince. La majorité demande que l'on soumette le point à l'approbation des conseillers communaux pour voir si les conseillers sont d'accord d'aborder ce point qui a plutôt une portée internationale. La bourgmestre faisant fonction Charlotte Bazelaire (Les Engagés) rappelle les règles :

Le code de la démocratie locale et de la décentralisation est clair : le conseil règle les matières d'intérêt communal. Cela implique qu'un point soumis au conseil doit présenter un lien direct avec nos compétences ou un impact concret sur notre territoire. Certes, certaines motions ayant peu de liens avec notre commune ont été votées par le passé, mais nous souhaitons recentrer le débat et nous concentrer sur ce qui relève de nos communes. Or, ici, la motion proposée porte sur un conflit international, interpelle la politique étrangère de la Belgique, et s'adresse directement au gouvernement fédéral.

Mais l'opposition n'est pas d'accord, et se demande pourquoi la majorité a accepté sans problème le débat sur la motion sur le textile, et n'accepte pas ce débat sur le peuple libanais. Furieux, les trois groupes d'opposition quittent la salle et fulminent. À commencer par Gwenaëlle Grovonius, conseillère communale PS :

Pour nous, c'est un déni de démocratie qui doit être condamné, et que nous souhaitions marquer en sortant de ce conseil communal. Pour nous, il y a deux poids deux mesures. Il y avait plusieurs motions à l'ordre du jour. Certaines motions, plutôt soutenues par la majorité, ont pu faire l'objet de discussion même si elles relèvent des pouvoirs supérieurs de la Région, du fédéral, ou même de l'Europe. Mais notre motion, visiblement, dérange. Sans doute que la majorité n'a pas envie de parler de la situation au Moyen-Orient, n'a pas envie de parler des sanctions vis-à-vis d'Israël, n'a pas envie de parler de ces sujets qui l'embêtent.

Carolina Quintero est conseillère communale Ecolo :

On est Namur ville solidaire, Namur ville anti-fasciste, donc la cohérence aurait dû être encore plus grande par rapport à ce point-là. Pour nous, c'était juste de l'indifférence. Et montrer que ce que la Ville a décidé aujourd'hui n'est pas ni Ecolo, ni le PTB, ni le PS. 

De son côté, le conseiller communal PTB de l'opposition Robin Bruyère va même plus loin :

Ici, parce que ça met mal à l'aise la majorité, parce que, on ne va pas se le cacher, un des conseillers communaux est aussi ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot, lui ça le met probablement dans l'embarras parce que, à l'échelon fédéral, il y a une inaction, un laisser-faire par rapport à Israël. Ils ne voulaient pas voter ça, alors, on a mis ça sur le tapis.

La majorité balaie cet argument et réplique par la voix de Charlotte Bazelaire (Les Engagés), bourgmestre faisant fonction :

Je peux comprendre l'émotion mais maintenant réagir aussi vertement et aller faire croire que, parce qu'on a dans nos instances un ministre des Affaires étrangères, on est bâillonné ou quoi que ce soit, ça c'est tout à fait faux. Nous avons vraiment décidé, et ce sera la même chose dans les prochains conseils communaux, de nous recentrer sur le communal. Ils ont tendance pour l'instant à prendre tous les débats de la Région et du fédéral, et de nous les remettre à chaque fois dans la figure à chaque fois qu'on est dans ces instances-ci, mais à un moment donné, on doit recentrer nos débats.

Des débats qui risquent d'être tendus lors des prochains conseils communaux...
 


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