Une centaine de personnes se sont rassemblées samedi à Namur pour rendre hommage à Adamo Condé, décédé lors d’une altercation avec la police. Initialement annoncée en centre-ville, la manifestation s’est tenue près de la gare, sous surveillance policière.
Une manifestation s’est tenue samedi à Namur en hommage à Adamo Condé, 35 ans, décédé le 14 décembre dernier à la suite d’une altercation avec la police. Initialement prévue en centre-ville, la mobilisation a finalement eu lieu derrière la gare, à proximité du lieu du drame. Environ une centaine de personnes y ont participé, en présence notamment du frère de la victime, venu de Paris.
Autorisé comme rassemblement statique, l’hommage a toutefois donné lieu à un court déplacement des manifestants vers le pont où les faits se sont produits, afin d’y déposer des fleurs.
Parmi les personnes présentes, Assouma Kondé, fondatrice d’un restaurant social à Namur, a tenu à témoigner :
"Il venait souvent manger dans mon restaurant social car il n'avait pas assez de moyens. Chasue fois qu'il venait on discutait. Je vis très mal ce qui se passe aujourd'hui, car même si la mort est un appel auquel nous devrons tous répondre, il n'y a pas d'appel en absence. Mais la façon dont lui a répondu à cet appel était cruel et injuste. C'est pour cela que nous demandons justice pour Adamo."
Annoncé en milieu de semaine comme devant rassembler jusqu’à 2 000 personnes, l’événement en a finalement réuni environ 200 selon les organisateurs. Un chiffre relativisé par les proches d’Adamo, à l’image de Darnel, son voisin :
"Alors ici, je ne veux pas parler d'une question de quantité, mais de qualité. Pour moi, les personnes qui sont là sont des personnes humaines qui tiennent vraiment à la cause. Donc on va arrêter de regarder les chiffres qu'il y ait 1000, 50 ou bien tout simplement 3 personnes. C'est la reconnaissance, l'hommage et les personnes présentent ici qui comptent. Je suis tout simplement fier de toutes les personnes qui sont là, y compris les Belges qui sont là également. On a beaucoup évoqué le racisme, mais moi, je pense qu'il faut faire la différence entre le racisme et la manière dont les policiers traitent, je dirais, leurs victimes."
Autre changement notable : la transformation d’une marche initialement prévue en centre-ville en un sitting devant la prison de Namur. La bourgmestre justifie cette décision par la volonté d’éviter tout débordement à l’approche des fêtes de fin d’année, période de forte affluence dans le centre-ville. Une décision qui a surpris les organisateurs, tout en étant acceptée.
Stéphen Tédajio, président du Haut Conseil africain de la province de Namur, exprime toutefois sa frustration :
"Pourquoi ce changement ? Je pense que madame la bourgmestre a seule la réponse. Mais nous, de manière très légaliste, nous acceptons. Nous en sommes frustrés et il ne faut pas se le cacher. Nous avons dû encore négocier auprès des jeunes gens pour leur faire comprendre que voilà, c'est une première étape. Nous espérons que la commune a compris que nous avons accepté et que prochainement, elle sera plus à l'écoute des souffrances parce que les gens ont mal. Les gens ont besoin de s'exprimer, c'est la moindre des choses. Voir son frère se faire battre comme un chien, ne pas être capable de s'exprimer, ne pas être capable de manifester sa colère dans la paix, cela fait une double peine."
Le rassemblement officiel s’est terminé vers 14h30. Un groupe dissident a néanmoins poursuivi la marche vers le commissariat de police, où des jets de bouteilles et de pierres ont été signalés. La police est intervenue pour disperser les fauteurs de troubles et le calme est ensuite revenu.
Les organisateurs annoncent déjà une nouvelle mobilisation le 10 janvier prochain, cette fois sous la forme d’une manifestation mouvante en centre-ville.
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