Exclusions du chômage: comment les CPAS s'organisent-ils?

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C'est une véritable révolution sociale. À partir du 1er janvier, de nombreuses personnes vont être exclues du chômage. Plusieurs vagues sont prévues, en commençant par les personnes qui sont au chômage depuis plus de 20 ans. D'autres vagues suivront.

Parmi les personnes exclues du chômage, beaucoup vont aller frapper à la porte du CPAS de leur commune. Comment se prépare-t-on dans les CPAS ? Comment tout cela va-t-il être organisé ? Et surtout quelles sont les conséquences financières pour les CPAS et pour les communes? Nous nous sommes rendus notamment à Sambreville où, peut-être plus qu'ailleurs, la réforme du chômage fait peur. Dans cette région au passé industriel fort, mais qui doit se relever davantage encore sur le plan économique, on sait que les remises à l'emploi sont possibles mais difficiles. Les chiffres d'exclusion du chômage sont inquiétants, comme l'explique Olivier Cabossart, le directeur du CPAS de Sambreville:

Les chiffres qui nous ont été annoncés, sur base de projections réalisées au niveau de l'ONEM, nous annoncent 233 usagers complémentaires à connaître au cours des prochains mois. Il faut savoir qu'aujourd'hui, sur une base mensuelle, on a un peu moins de 600 bénéficiaires du revenu d'intégration sociale. Vous avez facilement la possibilité d'établir un pourcentage, on parle donc de 30%, voire près de 40% de bénéficiaires du RIS en plus pour Sambreville.

Et pour ouvrir tous ces dossiers supplémentaires, il va falloir du personnel en renfort. Et pas uniquement d'ici le 1er janvier, car le suivi se fait tout au long de l'année. Les équipes doivent être renforcées, comme le précise Olivier Cabossart:

Aujourd'hui, on estime qu'ici au CPAS de Sambreville, un travailleur social est en capacité de gérer entre 80 et 90 dossiers de manière régulière. Donc, il faudra engager 2,5 équivalents temps plein dans les tout prochains mois. En plus, c'est une nouvelle manière de travailler puisque c'est un nouveau profil de bénéficiaires, que nous ne connaissons pas encore. Il va falloir sans doute se répartir autrement les différents dossiers puisque ces nouveaux collaborateurs à engager seront soit des agents qui ont déjà une bonne connaissance du CPAS de Sambreville ou de la vie en CPAS, soit ce sera carrément de nouveaux collaborateurs.

Concernant les coûts, il faut ajouter à cela le paiement des revenus d'intégration sociale aux nouveaux bénéficiaires. On l'aura compris, tout cela va coûter cher. À Sambreville, on parle de 3 millions d'euros. On sait qu'il va y avoir une compensation du fédéral, mais tout de même, la note sera salée. Clotilde Léal Lopez, la présidente du CPAS de Sambreville, est inquiète:

Une de mes craintes est "l'effet retard". Pour la première année, nous avons des subsides, nous avons l'aide du fédéral. Mais que va-t-il advenir par la suite ? Est-ce que ce sera suffisant ? Est-ce que le budget du CPAS sera suffisant pour pouvoir aller encore plus loin ou va-t-on devoir se tourner vers la Ville ? Si la Ville de Sambreville doit prendre en charge une partie des budgets, ce que je crains aussi c'est une augmentation de l'IPP. Si on monte à 8,8%, comme certaines banques le préconisent, ou si on doit aller jusqu'à 10%.

Le but de cette mesure d'exclusion du chômage est de pousser les personnes à chercher et à trouver un emploi, pour éviter le recours au revenu d'intégration. Le CPAS de Sambreville bénéficie d'une belle expérience en la matière, et compte accompagner les bénéficiaires. Les explications d'Olivier Cabossart:

Nous viserons à essayer, dans la mesure du possible, d'accompagner les personnes vers un retour à l'emploi. D'une manière individuelle, comme nous l'avons toujours fait, mais également de manière collective, et ça ça va être une nouveauté chez nous, au travers d'ateliers qui vont être proposés et même imposés. Nous avons pour objectif de favoriser la remise à l'emploi de l'ensemble des personnes qui bénéficient du revenu d'intégration.

Enfin, dernière précision: les personnes qui sont menacées par l'exclusion du chômage sont invitées à prendre contact avec le CPAS. Une campagne d'information est prévue dans les prochaines semaines.


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