À Ohey, le Domaine sur les Sarts, hôtel de luxe ouvert depuis dix ans, a choisi de devenir un établissement réservé aux adultes. Une tendance qui se développe dans l’hôtellerie et la restauration, reflet de nouvelles attentes sociétales.
Dans cet hôtel de luxe situé à Ohey, vous ne risquez plus d’entendre les cris ou les rires d’enfants. Depuis janvier dernier, l’établissement n’accueille désormais que des adultes. Une décision stratégique assumée par son propriétaire, Christophe Jadot :
"Á un moment, il faut faire un choix, je pense. Un choix assumé. J'adore les enfants, J'ai quatre enfants. Mais je pense que si vous avez fait une promesse envers vos clients, de quiétude, de calme et de sérénité. A un moment, je pense qu'il faut se positionner en ce sens."
Pour accompagner cette évolution, le gîte de grande capacité a été fermé et l’espace bien-être verra sa capacité tripler. Le propriétaire avait envisagé un temps des horaires différenciés selon les publics, mais la taille du lieu ne le permettait pas.
"On a des réactions très positives. Je vous avoue que pour le moment, on a que des réactions positives. C'est peut être un peu tôt avant de tirer des conclusions. Ça ne fait que deux mois qu'on a qu'on a implémenté "l'adulte only". On verra avec le temps."
Selon un professeur de marketing de l’Université de Namur, Alain Decrop, l’essor des lieux réservés aux adultes s’explique par plusieurs évolutions de société.
"Tout d'abord, le fait qu'il y a une dénatalité et qu'il y a de moins en moins d'enfants. Il y a aussi de plus en plus ce qu'on appelle des couples sans enfants, avec deux revenus. Dans le jargon, on parle de couples DINK. Ce sont des gens qui ont beaucoup de moyens, qui consacrent aussi beaucoup d'argent à leurs loisirs et qui ont cette volonté aussi de se retrouver dans un cadre tranquille, plutôt en haut de gamme, un peu plus luxueux. On a aussi le tourisme de bien être. Et dans la littérature, il y a des chercheurs qui parlent de cette tendance de l'égoïsme, de cette volonté là aussi de se remettre au centre de l'intérêt, dans une perspective un peu plus d'hédonisme."
Si le phénomène est plus récent dans la restauration, il existe depuis les années 1980 dans l’hôtellerie, notamment dans les Caraïbes. En Belgique, la tendance semble également progresser.
"En Belgique, en 2023, il y aurait eu, d'après un des plus gros tour opérateurs actifs dans le pays Tui, jusque 15 % des réservations qui étaient orientées vers un hébergement adulte. Donc ce n'est pas marginal."
Contacté par nos soins, Unia rappelle toutefois qu’il s’agit d’une zone grise sur le plan juridique. La discrimination fondée sur l’âge est interdite, mais la segmentation commerciale peut être légitime. Seul un juge pourrait trancher. L’institution recommande par exemple aux commerçants de prévoir un espace destiné aux familles.
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