Comme tous les autres étudiants du supérieur, les futurs professionnels de cette école namuroise réputée sont soumis eux aussi à des épreuves diplomantes. Des examens qui sont ouverts au grand public... l'occasion d'aller découvrir de futurs maestros !
L'IMEP à Namur est une école supérieure de musique de réputation internationale. La session d'examens de janvier a commencé depuis quelques jours. Ce matin, ce sont les étudiants en Master 2 en violon qui sont invités à se produire devant un jury. Celui ci va donc décider de leur avenir et de leur capacité à se lancer en tant que musiciens professionnels.
Guido Jardon, directeur général de l'IMEP :
Ils vont être confrontés à une partie de la réalité de leur vie, de leur future vie professionnelle. C'est l'occasion de faire le point par rapport à soi même, voir comment ils ont évolué et tout ça avec le regard d'un jury externe.
En effet, ce sont pour partie des professionnels externes à l'école qui vont évaluer les étudiants. Deux violonistes français du Conservatoire de Clermont-Ferrand ont d'ailleurs fait le déplacement et ils sont bien conscients qu'on attend d'eux un regard objectif et juste.
Raphaël Chenot, professeur de violon au Conservatoire de Clermont-Ferrand :
Il faut beaucoup d'exigence. Le niveau est quand même de plus en plus haut parce qu'il y a beaucoup de concurrence, notamment de concurrence des pays asiatiques qui sont très performants. Donc il faut être très, très vigilant et puis s'atteler beaucoup à écouter les qualités musicales et artistiques des candidats.
Hélène Sriberg, professeure de violon au Conservatoire de Clermont-Ferrand :
On écoute en se demandant "Qu'est ce que ça sous-tend de la culture de la personne ? " Comment il s'est pénétré des différents styles, des différentes époques, des différents types de sons et de langages. Et bien sûr, on regarde aussi le niveau technique qui permet l'expression de ce style et de ce langage.
Et pour bien évaluer ces critères en violon, rien de tel que du Mozart avec un concerto imposé pour cet examen.
Jumana Pallares-Zafra, étudiante vénézuélienne à l'IMEP :
C'est un programme difficile pour les violonistes parce que c'est classique. Et Mozart, c'est très difficile pour les violons. Et c'est obligatoire pour cette épreuve.
Raphaël Grandpierre, étudiant marseillais à l'IMEP :
Mozart, ce n'est pas une musique simple à exécuter, Il faut être dans la maîtrise, pas trop en faire, il faut être dans le contrôle. Et le fait que ce soit un examen avec un jury, c'est quand même moins plaisant qu'un concert. Donc c'est un challenge. Mais voilà, on en sort grandi, quel qu'en soit le résultat.
Le stress fait évidemment partie intégrante de ces épreuves et ne met pas les étudiants à l'abri d'une fausse note qui n'est heureusement pas éliminatoire.
Julien Eberhardt, professeur de violon à l'IMEP :
Non, bien sûr que non. La fausse note, les accidents arrivent, ce n'est pas grave. On n'est pas des machines ! Il y a des choses qu'on met sur le compte du stress. On entend, on voit très bien ce qui aurait dû marcher et ce qui ne marche pas parce qu'il y a du stress. Mais il faut apprendre à gérer ça. Évidemment, ça fait partie du métier.
Les étudiants sont aussi contraints de jouer des extraits de partitions pour orchestre, histoire de les préparer à de futures auditions.
Nathalie Lefin, professeure de traits d'orchestre à l'IMEP :
Les concours d'orchestre sont très spécifiques. Ils ont donc aussi des parties qui s'appellent des traits d'orchestre , cad des extraits d'orchestre spécifiques à toutes les périodes et avec toutes les difficultés techniques qu'on peut rencontrer dans un orchestre.
Ajoutons encore que ces examens sont ouverts gratuitement au public.
Guido Jardon, directeur général de l'IMEP :
C'est effectivement ouvert au public et on se réjouit parce que, évidemment, ça peut mettre une certaine pression sur les étudiants, mais en fait, la vie d'un musicien, d'un instrumentiste pédagogue, c'est une vie faite avec des pressions dues à la réalité du métier.
Le programme des sessions est sur le site de l'IMEP. N'hésitez donc pas à le consulter, à vous rendre à ces mini concerts très intéressants pour tous les mélomanes.
https://www.imep.be/evenements/evaluations-artistiques-de-la-session-de-janvier-2026/
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