Le métier de reporter de guerre expliqué aux enfants

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L'actualité est malheureusement là pour nous le rappeler... Le monde est confronté à de nombreux conflits armés. La guerre déclenchée ce week-end en Iran marque les esprits, y compris chez les enfants.

Nous avons assisté à un atelier organisé par le pouvoir organisateur Wallonie-Bruxelles Enseignement à destination des enfants. Cet atelier était proposé à Jemeppe-sur-Sambre avec des enfants de 5e et 6e primaires de l'école fondamentale annexée à l'athénée royal Baudouin 1er de Jemeppe-sur-Sambre, et des écoles fondamentales autonomes de Moustier-sur-Sambre et Spy. Objectif : parler de la guerre et de la paix, mais aussi du métier de reporter de guerre.
 
Et qui ne pouvait mieux en parler que Françoise Wallemacq, grand reporter à la RTBF. Durant sa carrière, elle a parcouru 80 pays à travers le monde et a couvert de nombreux conflits. De la chute de Ceausescu en Roumanie à la guerre en Ukraine, en passant par la guerre en Syrie ou le génocide au Rwanda, Françoise Wallemacq a présenté son métier aux enfants :

C'est un métier dangereux, mais on prend des précautions. On a une formation aux risques de guerre, qui dure 4 jours. On a des équipements : des gilets pare-balle, un casque,... Le "fixeur" nous indique aussi où aller et où ne pas aller. À la RTBF, on ne peut pas aller sur la ligne de front, on a l'interdiction d'y aller. Donc, c'est un métier dangereux, oui, mais il faut prendre ses précautions.

Françoise Wallemacq a parlé de la guerre avec les enfants. L'occasion d'échanger avec eux et de leur poser la question : pour vous, c'est quoi la guerre ? Et voici les réponses de Noa, Alyssa, et Loriana :

Pour moi, la guerre, ce sont des accords qui ne vont pas. Par exemple, un pays commence à trop parler à un autre pays, ou qui se mêle de quelque chose d'autre, et ben c'est comme ça que la guerre peut commencer.

C'est par exemple deux présidents qui ne trouvent pas un accord sur une loi, et qui vont commencer une guerre, qui va attaquer quasiment tous les pays.

... Avec des armes, des morts, des victimes, et voilà à peu près tout ça.

Les enfants ont été marqués par le récit de Françoise Wallmacq. Ils sont aussi marqués par la guerre qui vient de se déclencher en Iran. Loriana, Alyssa, et Noa à nouveau:

Certains pays ont bombardé un autre pays.  Il y a plusieurs autres pays qui ont été touchés par des bombes qui se sont égarées. J'ai un petit peu peur de la guerre. S'il y a la guerre dans notre pays, peut-être qu'on serait touchés, peut-être qu'on peut mourir. Mais en même temps, on se sent en sécurité ici en Belgique.

Les gens disent que ça va peut-être finir en la 3e guerre mondiale, qu'ils attaquent des pays qui n'ont rien fait, que ça ne sert à rien...

Par exemple, à Dubaï, à cause des bases américaines qu'il y a là-bas, c'est pour ça qu'ils ont bombardé ici.

Les enfants ont été préparés à cet atelier, en classe. Les enseignants les ont encadré et écouté, comme le précise Monsieur Jordan, enseignant en 5e-6e primaires à l'école fondamentale autonome de Moustier-sur-Sambre :

On trouvait la rencontre enrichissante pour les enfants, et même pour nous, parce que c'est vrai que c'est un sujet qui est au coeur de l'actualité. Les enfants entendent beaucoup de choses, et donc c'est bien de les informer par rapport à tout ce qui se passe autour d'eux. Les enfants ont créé une image mentale de ce qu'est le métier de reporter de guerre. On a pu voir que c'était très différent de la réalité, et qu'ils pensaient plus au côté militaire et pas au côté journaliste. Et puis, quand on les a réorientés, ils ont posé plus de questions par rapport à ça. Vu que le thème les motive, les questions ont été vite trouvées.

Cet atelier est proposé dans plusieurs écoles par le pouvoir organisateur Wallonie-Bruxelles-Enseignement avec un objectif bien précis. Les précisions de Delphine Mignon, conseillère pour le pouvoir organisateur Wallonie-Bruxelles-Enseignement :

Pour nous, ce qui est réellement important, c'est de donner une possibilité aux enseignants et aux élèves de s'exprimer sur les conflits, mais d'une manière très générale. L'idée, c'est d'éviter à tout prix d'importer des conflits à l'école et en classe, mais plutôt de voir ce qui est commun à tous les conflits. On ne va pas rentrer spécifiquement dans un conflit mais, grâce à l'expérience de Madame Wallemacq, on va voir ce qu'elle a pu rencontrer dans tous les conflits, que ce soit vraiment concernant la guerre ou la manière de faire la paix.

En espérant d'ailleurs que la paix soit davantage privilégiée. C'est le souhait de la majorité des enfants.
 
 
 


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