Cette année, a Belgique fête les 80 ans de l'accord "charbon". Il prévoyait que la Belgique envoie du charbon à bas prix en Italie en échange de travailleurs italiens. Témoignage d'un ancien mineur du charbonnage de Sainte-Eugénie à Tamines.
Je m'appelle Angelo Cortez. A 21 ans, je suis venu ici.
Pourquoi vous avez quitté l'Italie ?
Parce qu'il n'y avait pas beaucoup de travail. Mon père faisait des dettes pour manger et pour payer ses dettes, je suis venu travaillé ici au charbonnage de Sainte-Eugénie.
On nous a donné une lampe frontale et une lanterne pour tous les jours descendre.
Après, ils ont fermé le charbonnage. C'était en 1965. On a fait grève durant une semaine. On a dormi dans le fond. On dormait avec les chevaux dans la paille. C'est vrai.
Et pourquoi vous faisiez grève ?
Pour ne pas qu'ils ferment.
Pourquoi vous ne vouliez pas qu'ils ferment ?
C'était surtout les chefs qui ne voulaient pas. Il y avait encore beaucoup de charbon.
Vous avez arrêté de travailler comme mineur ? Vous avez été travailler dans un autre charbonnage ?
Non, je suis allé travaillé dans le secteur de la construction. Plus comme mineur. Ma femme ne voulait plus. D'ailleurs c'est grâce à cela que je suis toujours en vie. Je n'ai pas eu beaucoup de poussière dans les poumons. Parce qu'il n'y avait pas beaucoup de poussière dans ce charbonnage. Il y avait beaucoup d'eau.
"ICI, PAS DE CHIEN, PAS D'ITALIEN !"
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Les années 60, c'était très bien. Il y avait beaucoup de travail. Comme salaire, moi, j'avais 405 francs par jour.
Est ce que vous avez été victime de racisme ? Les gens n'appréciaient pas toujours les Italiens...
Moi, ça a été. Les Belges ont plutôt été gentils avec moi quand je suis arrivé. Mais une fois, dans la mine, j'ai entendu "macaroni". Un ouvrier vraiment costaud travaillait là et un petit manoeuvre belge lui a crié : "Sale macaroni !". L'ouvrier lui a couru après et l'a attrapé par la gorge et puis ça été fini. C'est arrivé une seule fois ! Mais à la devanture de certains cabarets, il était écrit : "pas de chien et pas d'italien".
Est-ce que vous êtes fier d'avoir travaillé comme mineur ici en Belgique ?
Oui, j'aimais bien. C'était intéressant.
Qu'est-ce qui était intéressant ?
Le travail était intéressant, je ne sais pas pourquoi.
Vous n'avez jamais eu envie de retourner dans votre pays ?
Non, non.
Votre vie, elle est ici ?
Oui, maintenant, c'est ici. Oui, c'est ici ma vie.
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