Entre frustration et austérité, le budget 2026 de Namur est voté

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Le budget communal 2026 est voté. Un budget qui subit de toutes parts les mesures d'austérité. Résultats : la Ville doit réduire ses dépenses et va augmenter certaines recettes, mais il n'y aura pas d'augmentation des impôts et du précompte immobilier.

Sur la table des conseillers : le budget. Une fameuse brique qu'il faut savoir digérer, et surtout que chacun a analysé. Plus de 6 heures de débat, et des points de vue nettement différents suivant que l'on soit dans la majorité ou dans l'opposition. On place tout d'abord dans le contexte. On est en pleine crise à tous les niveaux de pouvoir, et l'heure est à l'austérité. Charlotte Bazelaire (Les Engagés), bourgmestre faisant fonction, explique la situation :

Malheureusement, les dernières années ont été assez impactantes. On a les différentes crises comme le Covid, la crise en Ukraine aussi qui a fait augmenter les coûts des matières premières et qui a fait augmenter les coûts du personnel parce qu'il y a eu plusieurs indexations suite à cela. Et finalement, tout a été beaucoup augmenté en très peu de temps. Il y a les pensions aussi, donc il y a une masse à financer, indépendamment de la Ville. Ce sont des causes extérieures. 

Du côté de l'autre groupe de la majorité, au MR, on ne dit pas autre chose. Pour pouvoir présenter un budget raisonnable, la Ville doit avoir recours à l'emprunt, comme l'explique Anne Barzin, l'échevine des finances :

On a un budget à l'équilibre en exercice propre avec un boni de 630 000 euros. Mais si on n'avait pas le plan Oxygène, on serait en déficit de près de 20 millions d'euros.

Le plan Oxygène, c'est une aide de la Région wallonne mais ça reste un emprunt, qu'il faut rembourser. Mais la Ville n'a pas le choix, et pour limiter la casse, elle réduit ses dépenses. Anne Barzin à nouveau :

On a voulu se fixer des balises encore plus strictes que celles que la Région wallonne nous donne en mettant une masse empruntable limitée à 13 millions d'euros. Et quand on regarde ce qu'on dépense d'habitude à l'extraordinaire, on a plus ou moins 10 millions qui sont récurrents, ce qui nous laisse à peu près trois millions pour des éléments plus nouveaux, mais c'est une décision qui a été prise pour limiter nos charges de dettes à l'avenir.

A côté de cela, la Ville a aussi décidé de réduire de 20% ses subsides aux associations, elle augmente aussi les frais de stationnement, les frais de garderie et d'autres services... Pour l'opposition, il y avait d'autres choix à faire. Philippe Noël est conseiller communal de l'opposition pour Ecolo :

Je pense que les demandes qui ont été faites, ou la manière dont elles ont été formulées, la taxe sur les bureaux par exemple, nous on serait allé plus loin. Et certainement exempter complètement les ASBL et aller plus loin dans les tarifs au mètre carré. Je l'ai évoqué aussi à plusieurs reprises, je pense qu'on pourrait envisager des taxes sur des biens qui sont, par définition, des biens de luxe, ou en tous cas pas des biens de première nécessité. Je pense notamment à une taxe sur les piscines, ce sont des choses qu'on avait envisagé à un moment donné.

Le point de vue de Robin Bruyère, conseiller communal du PTB :

Eux vont plutôt chercher 3,5 millions dans la poche des travailleurs et des ménages sur les questions des sacs poubelles, les parkings, ou l'école. Nous, on veut plutôt une économie sur les salaires des bourgmestre et échevins : on propose de les diminuer de 30%, ça fait 700 000 euros d'économies. Ce n'est pas rien.  Et en fait quand on cumule avec les taxes que nous proposons sur les épaules les plus larges comme les banques, les assurances, les grandes surfaces, les surfaces commerciales, tout cela ça fait un peu plus de 2,5 millions, + les 700 000 euros, on est aux alentours des 3,5 millions qu'eux vont plutôt chercher dans la poche des gens.

Enfin, les commentaires de Fabian Martin, pour l'opposition PS :

Une piste que j'ai proposée aujourd'hui, c'est la répartition, par exemple, de la zone de secours (ndlr : NAGE). Aujourd'hui, dans l'opération de la zone de secours, Namur, finalement, prend énormément sur elle alors qu'elle devrait pouvoir se décharger d'une somme importante. Au lieu de lui coûter de l'argent, elle pourrait lui rapporter de l'argent de l'ordre de 5 à 6 millions d'euros, par exemple. Ça, c'est une des pistes à explorer.

Chacun a donc sa vision. Sans grande surprise, le budget 2026 a été voté majorité contre opposition.
 
 


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