Chaque année, les batraciens traversent nos routes au péril de leur vie. À Loyers, des bénévoles se mobilisent pour sauver grenouilles, crapauds et tritons en pleine migration.
Il pleut, il mouille, c’est la fête à la grenouille ! À Loyers, comme partout en Wallonie, les batraciens ont entamé leur grande migration annuelle. Ils rejoignent la mare où ils sont nés pour se reproduire à leur tour. Mais pour y arriver, ils doivent traverser une route particulièrement dangereuse. Philippe, bénévole responsable du sauvetage des batraciens à Loyers, explique :
Nous sommes en plein dans la période de migration parce qu’il fait humide et qu’il y a au moins huit degrés, aussi bien en journée que durant la nuit. Dès la tombée du jour, il y a vraiment une multitude de batraciens qui traversent à ce moment-là. Puis cela continue évidemment toute la soirée et toute la nuit.
Un barrage temporaire pour les freiner
Ici, il n’y a pas de tunnel souterrain permanent, mais un barrage temporaire de 300 mètres installé par la commune. Une grille bloque les batraciens le long de la chaussée. Ce soir-là, trois bénévoles sont présents pour les récupérer à la main et les faire traverser en toute sécurité. Philippe décrit le fonctionnement du dispositif :
On les freine dans leur progression. Ce sont des barrières qui les empêchent d’avancer plus loin. Ensuite, avec une lampe torche, nous venons les ramasser, les mettre dans un seau et les faire traverser.
Les grenouilles migrent rapidement, en sautant. Mais pour les tritons ou les crapauds, la traversée peut durer trois à quatre jours.
Des espèces fortement menacées
Les amphibiens sont les vertébrés les plus menacés au monde : 41% des espèces sont en danger. En Wallonie et à Bruxelles, 1 200 volontaires se mobilisent avec Natagora. L’an dernier, 108 000 batraciens ont ainsi été sauvés. À Loyers pourtant, Philippe constate un déclin :
Il y en a de moins en moins. Quand j’ai commencé en 2006, c’était une année record. Nous avons eu 697 batraciens sur une seule saison, ce qui était beaucoup. Maintenant, nous arrivons doucement à 300. Cela veut dire qu’il y en a de moins en moins. Il y a bien sûr les maladies, mais elles n’interviennent pratiquement pas. C’est surtout le massacre sur les routes.
Malgré les panneaux limitant la vitesse à 30 km/h, certaines voitures roulent encore beaucoup trop vite. Un danger à la fois pour les batraciens et pour les bénévoles. Renato Guio, bénévole, adresse un message aux automobilistes :
Le message, c’est de dire : dès que vous voyez les panneaux, ralentissez pour deux raisons. D’abord pour notre propre sécurité, mais aussi pour la sécurité des batraciens. Il faut savoir que même un véhicule qui roule à 30 km/h peut, par le simple déplacement d’air, tuer un batracien.
Une opération de sauvetage qui se poursuit
La migration devrait se poursuivre jusqu’à la fin du mois de mars, début du mois d’avril. Après 28 ans d’engagement, la passion de Philippe reste intacte :
Pourquoi est-ce que je veux continuer ? Parce que c’est merveilleux, tout simplement. Et jusqu’à ce que Dieu me le permette, je viendrai tous les jours. Parce que même s’il n’y en a qu’un seul à déplacer, cela représente une vie. Une vie que l’on peut sauver.
Si vous aussi vous souhaitez participer à un sauvetage de batraciens près de chez vous, sur l’un des 439 sites existants, rendez-vous sur le site de Natagora.
Clara Ligot
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