Ce vendredi, les conseillers provinciaux namurois auraient dû être convoqués pour la tenue d'un conseil provincial. Il n'en a rien été au grand dam d'écolo. Pas de conseil donc! Motif avancé par la majorité: sobriété institutionnelle.
Ce vendredi, la salle du Conseil provincial aurait normalement dû accueillir les 43 élus de l'Assemblée ce matin. Dans la salle, personne! Explications. Olivier Gravy, chef de groupe Les Engagés au conseil provincial de Namur:
"Simplement, nous nous sommes rendus compte qu'il n'y avait pas un nombre de points important qui allait devoir être examiné par le Conseil provincial et qu'il n'y avait aucune urgence. Et donc ces points ont simplement été reportés au Conseil provincial du mois de mai".
Une sorte de liquidation?
Un conseil pas convoqué! Ecolo se demande comment une institution de 900 agents avec un budget de 200 millions n'ait quasiment aucun dossier à traiter sur un mois entier. Bénédicte Rochert, cheffe de groupe des verts à la Province:
"On a l'impression vraiment qu'on est dans une espèce de dérive qui est en train de s'installer progressivement au sein de cette province et qu'on remarque en fait depuis le début de la législature. qu'il y a peu de points à l'ordre du jour, c'est particulièrement marquant depuis début 2026, avec uniquement huit points à l'ordre du jour en moyenne par conseil".
Du côté du PS, autres groupes de l'opposition, on déplore aussi cette annulation. Marc Gilbert, chef du groupe socialiste à l'assemblée provinciale:
"J'avais des questions orales à poser au niveau de notre groupe politique et en réalité je ne sais même pas les poser. Et donc c'est encore reporté à un mois".
"Pas de convocation pour cause de sobriété"
Nous aurions souhaité interviewer Etienne Bertrand, le Député-président. En vain, malheureusement. Dans un courrier envoyé aux conseillers par le président du Conseil, Christophe Gilon. Il est écrit que la séance n'a pas été convoquée au motif de sobriété institutionnelle. Sobriété... institutionnelle? Explication d'Oliver Gravy pour Les Engagés:
"Je pense que c'est effectivement faire preuve de sobriété dans la gestion des affaires publiques. Quel est le sens de tenir un conseil provincial en ayant éventuellement que dix points qui sont à l'ordre du jour ? Et donc c'est simplement de la sobriété, je vous dis. On est quand même là pour faire économiser de l'argent et pas dépenser uniquement en tenant une réunion qui va tenir une demie heure et où chacun aura un jetons de présence".
Sobriété? Ce motif interpelle Marc Gilbert qui n'est pas du genre à garder sa langue dans sa poche.
"On nous dit qu'un conseil provincial coûte 12 000 € et qu'il est question de faire des économies. Je suis désolé quand je vois ce qu'un député provincial perçoit comme rémunération, on pourrait en supprimer deux puisque s'il n'y a pas de points et qu'il n'y a pas de point vraiment à faire, qu'on en supprime deux sur les quatre alors".
Si le chiffre avancé par nos interlocuteurs est de 12 000 euros, signalons que le coût total pour organiser un conseil provincial est dans les faits de 22 495 euros (renseignements pris auprès de l'administration). Ce montant tient compte des jetons de présence, des frais de déplacement, idem pour les commissions organisées en amont du conseil , du catering et des frais liés à la diffusion en ligne de la séance.
Pour les verts, ne pas convoquer un conseil faute de points en suffisance pose question. Bénédicte Rochet:
"C'est inquiétant parce que ça veut dire qu'il n'y a pas de choses qui sont mises en place. Ça veut dire que les services, finalement sont un peu bridés dans leurs initiatives et on se pose un peu la question. On a des retours, en fait, des services provinciaux qui sont inquiets parce qu'on ne sait pas très bien vers où on va et je comprends tout à fait leur inquiétude. On annonce des réformes, mais sans véritablement dire exactement le nom de cette réforme. Comment ça va se passer ? Il reste quatre ans a minima avant la mise en oeuvre de la réforme des provinces. Donc pendant quatre ans, il faut travailler".
François Bellot, chef du groupe Mr, quant à lui, évoque ce report suite au fait que l'administration n'aurait pas finalisé suffisamment de dossiers. Une réponse qui étonne pour ne pas dire autre chose, Valéry Zuinen, le numéro 1 de l'administration provinciale:
"Tous les dossiers qui devaient arriver au conseil d'avril ont été finalisés".
Une chose est sûre, il y aura bel et bien un conseil provincial fin mai. Et lui s'annonce plus chargé.
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