Démystifier ce qui se passe dans les hôpitaux psychiatriques, telle est la démarche réalisée par Tom Volont. Ce jeune photographe namurois s'est rendu fréquemment pendant un an et demi au sein du Beau Vallon à Saint-Servais.
Tom Volont est étudiant en photographie à Liège. Enfant, il a visité l'hôpital psychiatrique du Beau vallon situé sur les hauteurs de Saint-Servais. Un moment qui l'a marqué. Aujourd'hui, adulte, il a voulu démystifier le monde de la psychiatrie en mélangeant anciennes photos d'archives et photos contemporaines. Ces dernières, il en a pris bien sûr mais il a aussi voulu que des résidents en prennent eux-mêmes.
Les archives ont un poids important dans mon travail. Si je n'utilise que mes images, et celles que les résidents ont prises d'eux-mêmes, cela n'a pas trop de sens par rapport à mon travail qui veut démystifier, déconstruire ce qu'il en est des images qu'on a de ces institutions.
Un travail qui trouve sa source dans l'enfance
Tom Volont a présenté son travail dans le cadre du festival "Les passeurs du réel". Dans le public venu l'écouter, Élodie Slaney qui travaille au Beau vallon en tant que référence Art :
Tom a évoqué un souvenir d'enfance. À 9 ans, il a vu une exposition au Beau Vallon sur les 100 ans de l'institution. Cela l'a marqué. On y découvrait la psychiatrie d'antan qui était quand même très violente. Et je trouvais ça très touchant que cette persistance de souvenirs d'enfant comme ça soit venu un peu alimenter son travail.
Dans son travail, Tom Volont a dû faire face à plusieurs défis, comme humaniser sans pouvoir parfois identifier. Le jeune Namurois a pris le parti de ne pas prendre sur le vif les résidents :
Je suis dans la co-construction d'images. Et donc c'est surtout sur l'aspect du respect de la vie privée et du respect de l'image que les gens veulent transmettre aussi.
Des professionnels séduits
Cette démarche a séduit notamment des professionnels qui travaillent ou qui ont travaillé dans des hôpitaux psychiatriques. Élodie Slaney, qui travaille au Beau vallon en tant que référence Art :
Cette idée que les gens puissent entrer et sortir, que ce soient les patients mais aussi d'autres personnes qui font connaître le monde de la psychiatrie, c'est vraiment ce qui pour moi fait sens. Car à un moment donné, on ne peut pas être ensemble si on se met derrière les murs et si on s'isole.
Autre personne attentive dans le public : Vivianne Horta, qui a travaillé dans des hôpitaux psychiatriques :
On associe souvent la psychiatrie et la folie. Ce qui participe à une stigmatisation. Le fait d'en parler et de rendre accessible à tout le monde, et de donner la voix à qui veut bien parler et témoigner de son expérience, Soit en étant impliqué dedans soit en étant observateur, est important.
Ce travail, pourquoi ne pas l'exposer un jour au Beau Vallon ? C'est le souhait en tout cas de Tom Volont. De quoi amener des citoyens à découvrir les hôpitaux psychiatriques. Un monde encore empreint de nombreux préjugés.
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