À Gesves et Ohey, le projet d’extension du parc éolien est au cœur d’une enquête publique. Le promoteur veut installer quatre nouvelles éoliennes à proximité des six déjà en activité, ce qui suscite des inquiétudes chez une partie des riverains.
À Gesves et Ohey, le parc éolien du plateau de Borsu fonctionne depuis 2018 et compte actuellement six éoliennes. La société promotrice Renner Energies souhaite aujourd’hui en ajouter quatre supplémentaires, plus grandes et plus proches des habitations. Cette perspective inquiète une partie des riverains, réunis au sein du collectif “Non à Renner”, notamment en raison de l’impact sur le paysage. C'est ce qu'explique Pascale De Visscher, membre du collectif :
Quand vous avez six éoliennes qui tournent en permanence, depuis toutes vos fenêtres, et qu'on vous annonce qu'il y en aura quatre de plus, 30% plus grandes, beaucoup plus proches des maisons, et dont les éclairages vont clignoter nuit et jour, rouge la nuit, blanc le jour, c’est beaucoup trop.
Le collectif pointe aussi les nuisances sonores. Guido Van Vethoven, lui aussi membre de “Non à Renner”, dénonce cela :
Le bruit est épouvantable. Ce nouveau projet n'a été rendu possible que parce que la Région wallonne a relâché le seuil de 40 à 43 dB.
Dans une analyse critique de 160 pages, le collectif remet aussi en cause l’étude d’incidences sur l’environnement. Il évoque notamment un impact sous-évalué sur la faune, des doutes sur la rentabilité réelle du projet ou encore une possible dévalorisation immobilière. Des critiques rejetées par le promoteur Renner Energies. Son chef de projet, Boniface Nteziyaremye, assure que ces éléments ont bien été pris en compte :
Dans l’étude d’incidences, tous ces aspects sont analysés : le paysage, l’acoustique ou encore l’ombrage. Le bureau d’étude émet aussi des recommandations pour qu'on puisse respecter le cadre de vie local. Par exemple, des bridages acoustiques sont proposés.
Mais dans la commune de Gesves, le projet ne provoque pas uniquement de l’opposition. Le bourgmestre Martin Van Audenrode (RPG+) constate une acceptation plus importante de l’éolien qu’il y a quelques années :
On entend finalement assez peu de bruit. Il y a aujourd’hui une tolérance et une acceptation de la population vis-à-vis d’un phénomène qui était peut-être nouveau il y a dix ou quinze ans, mais qui est maintenant beaucoup plus accepté.
D’après un sondage IPSOS, six Wallons sur dix se disent favorables au développement éolien. À Gesves, le groupe Ecolo, membre de la majorité communale, dit surtout vouloir encourager les habitants à participer à l’enquête publique, qu’ils soient favorables ou non au projet. Pour cela, ses membres vont à la rencontre des riverains directement concernés, comme l’explique Arnaud Deflorenne (Ecolo), 1er échevin de la commune de Gesves :
Dans le cadre des projets comme l'implantation d'éoliennes, qui sont des projets de permis unique, il y a une étape qui est l'enquête publique. C'est l'étape dans laquelle on est pour le moment, jusqu’au 18 mai. On veut donc vraiment donner une information objective aux citoyens, pour leur dire que, qu'ils soient pour ou contre le projet, ou s'ils souhaitent éventuellement l'aménager pour que ses impacts soient moins importants et qu'il s'intègre mieux à l'environnement, ils peuvent donner leur avis à la commune.
Les deux communes concernées n’ont toutefois pas la même position. À Ohey, le conseil communal estime qu’il y a déjà suffisamment d’éoliennes sur son territoire. À Gesves, la majorité se dit plutôt favorable à l’extension du parc. Une position nuancée par le bourgmestre Martin Van Audenrode :
Nous à Gesves, on a qu'un seul endroit qui peut accueillir les éoliennes a priori. Donc on n'est pas dans la même situation. On a un a priori favorable, mais on verra le détail du dossier. On attend les réactions des citoyens et on verra si on confirme cet avis favorable, avec ou sans condition.
Les remarques et propositions des habitants peuvent encore être déposées jusqu’au 18 mai. Le dossier sera ensuite transmis aux autorités régionales, chargées de statuer sur la demande de permis unique, après avis des communes et services compétents. La société promotrice se dit quant à elle prête à adapter son projet en fonction des conditions fixées à l’issue de la procédure.
La saga locale est donc loin d’être terminée.
Sur le même sujet
Recommandations
Thy-le-Château : le déplacement d'une cabine électrique fait débat
Flawinne: point névralgique de la fibre optique pour la Belgique
Docteur Energie : Et si vous preniez soin de votre facture ?
Les zonings namurois sont en bonne santé mais manquent d'électricité.
Rénovation de l'hôtel de Ville : une partie des pierres bleues reste à Namur
Énergie : comment réduire sa facture en hiver ?