Le conseil communal d’Eghezée a débattu du budget 2026, un exercice clé pour comprendre comment la commune finance son fonctionnement quotidien et ses projets d’avenir. Deux volets structurent ce budget : le budget ordinaire et le budget extraordinaire.
Le budget ordinaire concerne les dépenses et recettes nécessaires au fonctionnement courant de la commune. Il s’agit notamment des salaires du personnel communal, des frais de fonctionnement des services, des dotations des autres niveaux de pouvoir ou encore des recettes fiscales. Pour 2026, ce budget affiche une situation jugée saine, avec un boni d’environ 458 000 euros, résultat d’une gestion qualifiée de "rigoureuse" par le bourgmestre.
Les dépenses ordinaires s’élèvent à environ 22 millions d’euros, un montant équivalent aux recettes. Les dépenses de personnel diminuent de 11 %, principalement en raison de départs à la retraite remplacés par des agents plus jeunes, dont le coût salarial est moindre. En revanche, les dépenses de fonctionnement augmentent de 15 %, notamment à cause des frais liés aux permis de conduire nécessaires à la formation de certains agents communaux.
Un matelas financier confortable
À plus long terme, le boni cumulé atteint 6,4 millions d’euros, constituant ce que la majorité décrit comme un "matelas financier confortable pour la commune". Du côté des dépenses de transfert, la dotation au CPAS reste stable. Pour les zones de secours, l’intervention de l’État est plus importante et les provinces participent davantage au financement. En revanche, le budget de la zone de police Orneau-Mehaigne augmente de 3 %, une hausse demandée par les trois communes concernées.
Les recettes communales ont été soutenues ces dernières années par l’augmentation de l’impôt des personnes physiques, qui a permis à la ville de dégager environ 2 millions d’euros supplémentaires sur six ans. Entre 2025 et 2026, les recettes sont annoncées comme stables. La dotation communale augmente de plus de 2,5 %, mais la prudence reste de mise : la majorité rappelle que le contexte économique impose des économies et qu’une modification budgétaire en cours d’année n’est pas exclue.
Le budget extraordinaire
À côté du budget ordinaire, le budget extraordinaire concerne les investissements, c’est-à-dire les projets de construction, de rénovation ou d’aménagement qui s’inscrivent dans le temps. Pour 2026, ce budget prévoit environ 16 millions d’euros de projets, avec un étalement des investissements jusqu’à l’horizon 2030.
Antoine Tasiaux, conseiller communal d’opposition IC, s’inquiète toutefois du montant de 800 000 euros consacré aux frais d’études pour les projets à venir. Il estime que ce montant est élevé pour une phase de réflexion, même si la majorité reconnaît qu’il s’agit d’un investissement important pour préparer l’avenir.
Un autre débat a porté sur l’octroi d’un subside de 10 000 euros à Cyril Evrard, athlète de planche à voile évoluant au niveau international. Pascale Guiot-Blondiau a dénoncé une décision qu’elle juge injuste pour les autres athlètes d’Eghezée.
Baptiste Dubuisson, échevin des Sports, a répondu : "le subside est accordé à une association qui soutient l’athlète, précisant qu’il s’agit d’un cas particulier, l’athlète n’étant ni reconnu par l’Adeps ni soutenu par d’autres structures."
Adelin François, conseiller d'opposition IC a, pour sa part, exprimé plusieurs réserves sur la lecture globale du budget. Selon lui, si la cotisation de responsabilité avait été intégrée comme en 2025, le boni ne serait plus que d’un million d’euros. Il souligne que le budget 2026 est présenté comme annuel, mais qu’il ressemble en réalité à un plan pluriannuel. Il rappelle que la Région wallonne recommande un ratio d’un tiers du budget ordinaire consacré à l’extraordinaire, un objectif qui n’est pas atteint selon lui. Il estime également que la multiplication des projets rend difficile la lisibilité des priorités politiques et accroît les risques, dans un contexte marqué par les incertitudes économiques, les conflits internationaux et la possible diminution ou suppression de subsides. Il plaide pour une approche différente, avec moins de grands projets et davantage de petits projets axés sur la valorisation du patrimoine existant.
Rudy Delhaise a défendu la politique d’investissements de la majorité en citant plusieurs projets concrets : centre sportif, crèche d’Harlue, travaux de voiries, plantations d’arbres et réaménagements urbains. La place de la gare est présentée comme un projet emblématique, soutenu par un financement européen de 2,5 millions d’euros. Selon lui, les frais d’étude permettent d’anticiper les projets futurs, et des actions concrètes ont déjà été menées. Il n’hésite pas à comparer Eghezée à d’autres communes : "les communes voisines nous envient".
Enfin, Adelin François propose la mise en place d’une commission communale des finances afin d’améliorer la clarté et la transparence des choix budgétaires.
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