Ce lexique propose des définitions claires et accessibles des principaux termes utilisés dans le monde carcéral belge. Un outil pour mieux comprendre le fonctionnement des prisons, les statuts des détenus et le vocabulaire pénitentiaire.
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Un lexique pour mieux comprendre
Cantine (pénitentiaire)
Système de magasin interne permettant aux détenus d’acheter certains produits (alimentation, hygiène, tabac…) avec l’argent gagné ou reçu de l’extérieur.
Centre fermé
Structure relevant de la politique migratoire, destinée à la rétention administrative de personnes étrangères en séjour irrégulier, en vue d’un éloignement du territoire.
Chambre de protection sociale
Section spécialisée du tribunal d’application des peines qui statue sur la situation des personnes internées (libération à l’essai, maintien en internement, révocation).
Condamnation par défaut
Décision de justice prononcée en l’absence de l’accusé, lorsqu’il ne se présente pas au procès et n’est pas représenté.
Courtes peines
Peines de prison généralement comprises entre six mois et trois ans.
Depuis une réforme récente, ces peines doivent être effectivement exécutées, ce qui a un impact direct sur la surpopulation carcérale.
Détention
Terme désignant à la fois le fait d’être privé de liberté et l’espace carcéral lui-même. « Être en détention » signifie vivre sous le régime pénitentiaire, avec ses contraintes, ses rythmes et ses rapports de pouvoir.
Détention préventive
Mesure qui consiste à incarcérer une personne avant son jugement, sur décision d’un juge d’instruction.
La personne est présumée innocente. En Belgique, une part importante de la population carcérale est concernée par ce régime.
Greffe pénitentiaire
Service administratif de la prison chargé du suivi juridique des détenus : décisions judiciaires, calcul des peines, convocations, transferts, permissions de sortie.
Internement
Mesure judiciaire appliquée à des personnes reconnues pénalement irresponsables en raison de troubles mentaux.
L’internement n’est pas une peine, mais une mesure de sûreté à durée indéterminée, censée être exécutée dans des structures de soins, même si, dans les faits, de nombreuses personnes restent en prison.
Juge d’application des peines (JAP)
Magistrat chargé de veiller à l’exécution des peines après le jugement. Il adapte les modalités de la peine (aménagements, libération conditionnelle, placement sous bracelet électronique, permissions de sortir, etc.) en fonction de la situation et de l’évolution de la personne condamnée, dans un objectif de réinsertion et de prévention de la récidive.
Maison d’arrêt
La maison d’arrêt accueille principalement :
- des personnes en détention préventive,
- des personnes condamnées mais pas encore définitivement,
- des détenus en attente de transfert.
La détention y est souvent marquée par :
- un turn-over important,
- des conditions plus instables,
- une priorité donnée à la sécurité et à la gestion du flux.
La prison de Namur est avant tout une maison d’arrêt.
Maison de peine
La maison de peine est destinée aux personnes condamnées définitivement à une peine de prison.
Elle vise davantage :
- la stabilité de la détention,
- la préparation à la sortie,
- l’accès à des activités, formations et accompagnements à plus long terme.
Ces établissements sont en général plus récents et mieux adaptés aux objectifs de réinsertion.
Mandat d’arrêt
Décision judiciaire qui ordonne l’incarcération d’une personne, notamment en détention préventive, lorsque certaines conditions légales sont remplies (risque de fuite, de récidive, de collusion, etc.).
“Palais” (langage pénitentiaire)
Dans le jargon de la prison, « palais » désigne les détenus qui doivent se rendre au palais de justice pour une audience ou une comparution.
Préau
Espace extérieur clos de la prison où les détenus ont accès pendant les temps de promenade. C’est un lieu de respiration, de socialisation contrainte, mais aussi de tensions, régi par des règles strictes et une surveillance constante.
Section de défense sociale / annexe psychiatrique
Sections spécifiques au sein d’une prison destinées aux personnes internées ou placées en observation psychiatrique. Elles visent à répondre à des besoins de soins, mais restent intégrées au milieu carcéral.
Servant (en milieu carcéral)
Dans une prison, un “servant” est un détenu volontaire qui effectue des tâches de service nécessaires au fonctionnement quotidien de l’établissement.
Il peut, par exemple, travailler en cuisine, à la buanderie, au nettoyage des espaces communs ou à l’organisation des visites.
Les servants ne disposent pas d’un contrat de travail classique. Leur activité est faiblement rémunérée et s’exerce sous l’encadrement du personnel pénitentiaire.
Pour les détenus, être servant permet notamment de sortir de cellule, de structurer le temps de détention et d’améliorer le quotidien. Pour l’institution, ces fonctions sont indispensables au bon fonctionnement de la prison.
Service psychosocial (SPS)
Équipe composée notamment de psychologues et d’assistants sociaux chargés d’accompagner les détenus, d’évaluer leur situation et de préparer des projets de sortie ou des alternatives à la détention.
Surveillance électronique
Mesure alternative à la détention permettant à une personne de purger sa peine ou une partie de celle-ci hors de prison, sous contrôle d’un bracelet électronique.
Tribunal d’application des peines (TAP)
Juridiction chargée de décider des modalités d’exécution des peines (libération conditionnelle, permissions de sortie, surveillance électronique, etc.) pour les personnes condamnées.
Rédigé avec l’aide de l’IA
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