A Éghezée, la société Etherr.a souhaite implanter un parc à batteries. Ce type d'infrastructure, innovant et complexe, peut parfois être difficile à appréhender pour les citoyens mais aussi pour la commune qui l'accueille. Décrypage.
Des projets d'énergie renouvelable en Wallonie, c'est ce que propose la société Etherr.a depuis maintenant six ans. Si elle s'est d'abord concentrée sur des projets de panneaux photovoltaïques au sol, elle se tourne aujourd'hui de plus en plus vers le stockage d'énergie. Un projet de ce type va voir le jour à Eghezée d'ici deux à trois ans. Denis Delvaux, porte parole de la société nous explique les tenants et aboutissants de cette démarche.
L'idée ici, c'est de répondre à un besoin : rééquilibrer le réseau haute tension. Et c'est une demande qui découle d' Elia qui gère le réseau haute tension. Ça va permettre de faciliter l'intégration des énergies renouvelables et équilibrer les pics de production. On vient prendre de l'énergie quand il y en a de trop sur le réseau et lors des pics de consommation, on relâche l'énergie.
Un "poumon énergétique"
Dès lors, et de façon imagée, on peut voir le parc à batteries comme un poumon. Il s'occupera de stocker et de réinjecter l'électricité dans le réseau au moment opportun, en fonction de la demande. Le parc prendra place sur un terrain agricole, le long de la rue des Bolettes, à proximité immédiate du poste d'Elia.
Concrètement, c'est une installation de 38 conteneurs de batteries. Ce sont des conteneurs maritimes assez classiques qui sont préfabriqués. Ensuite, ils sont amenés ici directement. Il n'y a donc pas de construction en tant que tel sur le terrain, c'est vraiment du préfabriqué. Ces conteneurs de batteries sont remplis de batteries, ce qui représente cinq mégawatts par conteneur. Donc le parc aura une capacité de stockage de 180-190 mégawatts heure.
Il est également important de noter qu'une batterie, en fonction de la demande, peut se recharger et réinjecter plusieurs fois par jour. La demande de permis n'a pas encore été déposée, mais cela ne veut pas dire pour autant que le parc ne pourra pas très vite prendre forme.
D'abord, la première phase, c'est développer le projet, c'est réfléchir la conception du projet. Ça, ça prend quelques mois. Et puis après ça, il y a la phase de permis. C'est un permis unique qui regroupe un permis d'environnement et un permis d'urbanisme. Cette phase là, elle prend 6 à 8 mois. En fonction de la décision d'un octroi ou non du permis, on a encore 1 à 2 années avant de mettre en place le projet. Donc on devrait voir ici les premières batteries en 2028 ou 2029.
"En tant que commune, on est intéressé mais on reste vigilant"
Comme le projet est porté par Elia, qui est pour rappel le gestionnaire du réseau de transport d'électricité en Belgique. La commune n'a pas de réel poids décisionnel. Elle a cependant été sondée et se dit intéressée par le projet. C'est ce que nous explique David Hougardy, échevin de l'Environnement et de l'Urbanisme d' Éghezée.
La commune est sollicitée pour voir si nous sommes d'accord et prendre un peu notre avis par rapport à ça. Donc évidemment, on se trouve dans une zone qui le permet, à partir du moment où le projet est vraiment pertinent pour Elia. On est dans la zone prévue à cet effet au plan de secteur. Mais nous, nous allons être très vigilants par rapport aux normes environnementales. Bon, il faut savoir que, les batteries, c'est très positif pour le stockage, mais ça peut aussi engendrer des nuisances. Donc nous, on va être très attentif à ça.
La société Etherr.a souhaite cependant rassurer les riverains. En cas d'éventuel incendie, le parc à batteries sera équipé d'un dispositif de sécurité strict, avec notamment un système d'extinction automatique et des parois coupe feu pour les containers.
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