Trente-deux ans après le génocide contre les Tutsis au Rwanda, la communauté rwandaise de Namur s’est réunie pour honorer la mémoire des victimes. Une cérémonie marquée par le souvenir, la transmission et la volonté de justice.
Trente-deux ans après le génocide perpétré contre les Tutsis au Rwanda, les Namurois d’origine rwandaise se sont rassemblés pour commémorer cette tragédie qui a coûté la vie à des centaines de milliers de personnes, assassinées avec pour seul crime d'appartenir à la mauvaise ethnie.
La cérémonie a débuté devant la stèle du souvenir dédiée à ces années tragiques, récemment déplacée dans un lieu plus visible, dans le parc face au palais de justice. Un emplacement hautement symbolique pour les organisateurs.
Lionel Karugarama, président du comité d'organisation des commémorations du génocide contre les Tutsis, insiste sur l’importance de ce lieu :
« Il est très important qu'elle soit visible parce que c'est un devoir de mémoire, un lieu où finalement tout le monde vient, un parc et en plus devant le palais de justice. Cela fait écho à toutes les démarches qui se mettent en place pour que ce qui est arrivé en 94 soit suivi. Cela fait écho au combat toujours en cours pour que toutes les personnes impliquées soient poursuivies en justice. »
Après le dépôt de gerbe, une marche au flambeau a été organisée jusqu’au palais provincial, où plusieurs témoins de ces années noires ont pris la parole.
Parmi eux, Claire Ruyuki, rescapée du génocide, a rappelé que les violences trouvent souvent leur origine bien avant les massacres eux-mêmes :
« Quand j'étais à l'école primaire, quand on changeait de classe, on nous classait par ethnie. On nous demandait de nous mettre debout et la plupart d'entre nous, on ne savait même pas encore de quelle ethnie on était. On se mettait debout en même temps que toute la classe, parce qu'on n'avait pas encore conscience de toutes ces histoires. On était 56 élèves et, sur les 56, on était seulement cinq Tutsis. Évidemment, dans la cour d'école, cela engendrait des disputes... quelques bagarres parfois parce qu'on se fait traiter de cafards, de tous les noms. »
Son père, sa mère ainsi que ses frères et sœurs ont tous été tués. Claire est arrivée en Belgique à l’âge de 18 ans. Aujourd’hui, elle continue de témoigner pour transmettre la mémoire.
« C'est important pour moi de commémorer parce que je ne veux pas que les nôtres soient oubliés et surtout que tout le monde soit au courant de ce qui s'est passé chez nous. En espérant que ça fera en sorte que ça ne se reproduise plus jamais ailleurs.»
La commémoration s’est déroulée en présence des autorités communales namuroises, comme chaque année. La stèle rend également hommage aux dix casques bleus belges tués lors de leur mission onusienne, un événement considéré comme un tournant majeur dans le déclenchement du génocide au Rwanda.
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