La hausse du prix du carburant fragilise le secteur de l'aide à domicile en Wallonie. Les responsables du secteur réclament un refinancement de manière à permettre aux travailleurs de mieux faire face aux charges réelles liées à leurs déplacements.
En fait, derrière la crise énergétique actuelle, il y a un problème plus structurel dans le secteur de l'aide à domicile. Les indemnités kilométriques payées aux travailleurs sont largement insuffisantes, selon Fabian Genard, Directeur Aide à la Vie Journalière (Fédération de l'Aide et des Soins à Domicile).
On paye une indemnité de 0,43 cents au kilomètre et on reçoit une indemnité de l'Aviq de 0,12 cents. Donc vous comprenez bien que la différence est importante.C'est quelque chose qui est pointé depuis des années par le secteur.
Ingrid Paquet était familiale. Elle dépend de l'ASD de Namur, un service d'aide à domicile. Est-ce qu'elle ressent la hausse du prix du carburant ? Oui, très fort même.
Je ne pourrais pas vous dire de combien il a augmenté, mais c'est un budget de 400 à 500 € par mois minimum quoi ? J'ai des collègues qui disent qu'elles n'arrivent pas au bout du mois et qu'elles sont obligées de demander des avances sur salaire.
Il faut dire qu'Ingrid utilise son véhicule privé pour ses déplacements professionnels et l'indemnité forfaitaire, même si elle est parfois indexée, ne couvre pas les dépenses, loin s'en faut.
C'est ma voiture privée. Quand vous avez un budget de 500 € par mois rien que pour mettre de l'essence, vous ne comptez pas les assurances qui augmentent, les frais d'entretien qui augmentent, les pneus qui augmentent... Tout ça, c'est de notre poche, hein ! Oui, c'est remboursé, enfin... c'est indemnisé avec ses 43 cents du kilomètres pour le moment. C'est franchement, se foutre de nous quoi.
ON RECOIT 0,12 CENTS. ON EN PAYE 0,43. CA NE VA PAS !
... Ces fameux 0,12 cents portés au plus près possible de la charge payée par les travailleurs. Tout simplement pour garder une viabilité économique de nos structures et maintenir la continuité des services, des services par ailleurs en plein développement. vu les besoins de la population.
Ingrid Paquet insiste...
On est des aides familiales, on travaille dans le social et donc nous, si on fait ce métier-là, c'est pour que les gens puissent rester chez eux. Mais à nous ça nous coûte, ça nous coûte à nous, ça !
Rendre service, oui, mais pas à n'importe quel prix. La revendication est d'autant plus légitime que dans notre société vieillissante, la personne âgée cherche en général à rester chez elle le plus longtemps possible.
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