La Wallonie investit dans une voiture joystick unique en Belgique pour évaluer l’aptitude à la conduite des PMR. Un outil qui vise à simplifier les démarches, réduire les coûts et mettre fin à une dépendance envers des prestataires étrangers.
La Wallonie dispose désormais d’une voiture joystick pour tester l’aptitude à la conduite des personnes à mobilité réduite. Jusqu’à présent, ces évaluations étaient réalisées par un formateur néerlandais qui se déplaçait en Belgique avec son propre véhicule adapté, rendant les démarches longues et coûteuses.
Pour Emy Englebert, conductrice d’un véhicule adapté depuis quatre ans, le parcours a été particulièrement complexe. Avant d’obtenir son permis, elle a dû passer un test d’aptitude avec ce prestataire étranger, malgré des difficultés de communication :
"Donc c'est un monsieur de Hollande qui vient en Belgique. Donc j'ai conduit environ 10 h autour de chez moi pour voir si je ne me mettais pas en danger, si je comprenais bien les consignes de la route. Et ensuite, oui, j'ai passé mon permis en Belgique aussi. La personne ne parlait pas du tout français, néerlandais et un petit peu anglais. Mais moi je parle pas du tout néerlandais et très très peu anglais. On communiquait avec des gestes"
Une fois l’évaluation réussie, elle a dû acheter et transformer son propre véhicule, sans garantie de réussite à l’examen, pour un coût total très élevé :
"Avoir le véhicule et le faire transformer, ça a pris environ deux ans. Ensuite, le véhicule. Au total, il coûte 110.000 €, dont 75.000€ de transformation. Mais c'est pas tout, parce qu'après chaque mois, comme je suis une jeune conductrice, je dois payer des assurances assez coûteuses, environ 500 € par mois."
La Région wallonne a investi 150.000 euros dans ce véhicule, capable de répondre à environ 90 % des besoins d’adaptation liés aux handicaps moteurs. L’objectif est de réduire les délais, les coûts et de faciliter l’accès à la formation à la conduite adaptée. Didier Bongartz, ergothérapeute du Département d’Aptitude à la Conduite (DAC) :
"Ça va nous permettre d'éviter des longues files d'attente. Ça doit nous permettre aussi de limiter les coûts pour les gens. Parce qu'actuellement, on devait travailler avec une société hollandaise, donc ça rendait les choses très complexes en termes de logistique, en termes d'organisation, en termes de coûts, en termes de langues aussi, la communication était pas forcément toujours évidente."
À terme, ce véhicule pourrait également être mis à disposition des auto-écoles afin de permettre aux candidats de s’entraîner dans des conditions adaptées avant de passer leur permis.
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